Sur la route, on pense à plein de choses : le prochain spot pour la nuit, le niveau d’eau propre, la cassette à vider… mais rarement à la roue de secours. Jusqu’au jour où un gros « clac » secoue le Renault Trafic, que le tableau de bord s’illumine, et que le pneu avant gauche décide de faire sa vie sans vous.
Je me souviens encore d’un matin pluvieux sur une petite départementale du Pays basque. Chargé comme une mule, mon Trafic transformé en van aménagé tirait la langue dans une montée quand j’ai senti le volant tirer à droite. Crevaison. Et là, deux options : appeler l’assistance, attendre une dépanneuse, ou enfiler le gilet jaune, sortir le cric et bénir le jour où j’avais enfin pris le temps de choisir la bonne roue de secours… et d’apprendre à m’en servir.
Si vous roulez en Renault Trafic, que ce soit en utilitaire ou en van aménagé, et que vous préparez vos escapades au long cours, cet article est pour vous. On va voir ensemble comment choisir la bonne roue de secours, comment vérifier sa compatibilité et comment l’installer sereinement au bord d’une route (ou d’un chemin caillouteux en Espagne… testé et approuvé).
Pourquoi la roue de secours est encore indispensable sur un Renault Trafic
De plus en plus de véhicules récents sont livrés uniquement avec un kit anti-crevaison. Sur le papier, c’est léger et moderne. Sur la route, c’est une autre histoire. Sur un Renault Trafic, surtout aménagé en camping-car ou van, la roue de secours garde de sérieux arguments.
Voici pourquoi je conseille vivement d’en avoir une vraie :
- Poids du véhicule : un Trafic aménagé flirte facilement avec les 3 tonnes. Un kit mèche + bombe anti-crevaison est vite dépassé si la déchirure est importante ou sur un pneu bien chargé.
- Voyages au long cours : Espagne, Portugal, Maroc, Balkans… on ne crève jamais devant un garage ouvert et disponible.
- Routes dégradées : pistes, chemins caillouteux, parkings en terre battue, bords de mer avec coquillages coupants… c’est notre terrain de jeu.
- Autonomie : pouvoir repartir en 30 à 45 minutes, sans attendre une dépanneuse, ça change tout dans un voyage.
Pour moi, une vraie roue de secours sur un Renault Trafic, c’est comme un panneau solaire sur le toit : on peut s’en passer… jusqu’au jour où on se demande comment on a fait sans.
Roue complète, galette ou kit réparation : que choisir pour un Trafic ?
Sur Trafic, on croise trois grandes solutions. Chacune a ses avantages, mais pour un usage « voyage & vanlife », elles ne se valent pas.
1. La roue de secours complète
C’est le format le plus sécurisant :
- Une jante + un pneu de même dimension que ceux que vous avez sur le véhicule.
- Vous pouvez rouler normalement une fois montée (en respectant toutefois les éventuelles restrictions si les dimensions sont légèrement différentes entre essieux).
- Parfait pour les voyages au long cours et les véhicules chargés.
Le seul inconvénient : c’est plus lourd et plus encombrant. Mais, bonne nouvelle, le Renault Trafic est prévu pour recevoir une roue de secours sous le châssis à l’arrière. On ne perd donc pas de place dans l’aménagement intérieur.
2. La roue galette (roue de secours temporaire)
C’est une roue plus fine, prévue uniquement pour dépanner :
- Vitesse limitée (souvent 80 km/h, à vérifier sur l’étiquette de la roue).
- Distance limitée (on parle de quelques centaines de kilomètres au maximum).
- Moins lourde, plus facile à manipuler.
Sur un Trafic chargé, je suis beaucoup plus réservé : la galette est théoriquement prévue pour supporter le poids du véhicule, mais sur un aménagement complet + plein d’eau + matériel, on arrive vite à la limite. Sans parler de la tenue de route dégradée.
3. Le kit de réparation (mousse, compresseur, mèches)
Je le considère plutôt comme un complément qu’un substitut à une roue de secours :
- Pratique pour une petite perforation (vis, clou).
- Inutile en cas de déchirure sur le flanc, ou de gros trou.
- Peut rendre le pneu irréparable si utilisé n’importe comment.
En résumé, pour un Renault Trafic de voyage, mon choix est clair : roue de secours complète en priorité, éventuellement complétée par un petit kit de réparation pour les « mini bobos ».
Bien identifier les bonnes dimensions de roue pour votre Renault Trafic
Avant de commander une roue de secours sur internet ou chez un casseur, il faut être certain de la compatibilité. Un Trafic, ce n’est pas un simple « Trafic » : il y a des versions, des années, des motorisations, des tailles de jantes, des montes différentes…
Pour ne pas se tromper, voici ce qu’il faut relever :
- La dimension du pneu (ex : 215/65 R16C) : inscrite sur le flanc du pneu.
- Le diamètre de la jante (15, 16 ou 17 pouces selon les versions).
- Le type de pneu (C pour utilitaire, ou XL, souvent conseillé pour les vans aménagés).
- L’entraxe des trous de fixation de la jante (PCD, ex : 5×114,3).
- Le déport de jante (ET) : chiffre gravé sur la jante, important pour que la roue ne touche pas les éléments de suspension ou les ailes.
Pour un Trafic récent (à partir de la génération Trafic III), on trouve très souvent des jantes 16 pouces avec des pneus 215/65 R16C. Mais ne vous fiez jamais au « très souvent ». Vérifiez les inscriptions sur vos pneus et jantes.
Une astuce : prenez des photos du flanc du pneu et de l’intérieur de la jante (là où sont gravées les infos comme la dimension, l’ET, la charge maximale). Ça vous évitera de mauvaises surprises au moment de la commande.
Roue d’origine, d’occasion ou adaptable : quoi privilégier ?
Une fois que vous connaissez les dimensions exactes, trois options se présentent à vous pour l’achat :
1. La roue d’origine Renault
- Achetable en concession ou via le réseau de pièces d’origine.
- Compatibilité garantie avec votre Trafic.
- Souvent plus cher que l’adaptable ou l’occasion.
C’est le choix le plus simple et le plus « tranquillisant », surtout si vous n’êtes pas à l’aise avec les histoires d’ET, de PCD et autres joyeusetés techniques.
2. La roue d’occasion (casse auto, petites annonces)
- Solution économique.
- Permet souvent de trouver une jante + pneu déjà montés.
- Demande de bien vérifier l’état du pneu (usure, craquelures, déformations) et la compatibilité de la jante.
Si vous choisissez cette option, je vous conseille de :
- Refuser tout pneu trop vieux (au-delà de 6-7 ans, les gommes durcissent même si le dessin semble correct).
- Inspecter les flancs : pas de coupure, pas de craquelure, pas de hernie.
- Vérifier la date DOT sur le flanc (quatre chiffres indiquant semaine et année de fabrication).
3. La roue adaptable neuve
- Jante adaptable aux cotes du Trafic, souvent en tôle.
- Pneu neuf monté dessus (si vous choisissez une roue complète).
- Bon rapport qualité/prix si vous passez par un site sérieux.
Cette option est excellente pour une roue de secours dédiée : pas besoin de mettre un pneu haut de gamme, mais choisissez au minimum une marque reconnue (évitez les « no name » exotiques). On parle quand même de ce qui vous relie à la route…
Où installer la roue de secours sur un Renault Trafic
Le Trafic a un avantage par rapport à certains fourgons : il dispose d’un emplacement prévu d’origine pour la roue de secours sous le châssis, à l’arrière. Dans la pratique, voici ce que ça implique.
Emplacement sous châssis (solution d’origine)
Cet emplacement est très pratique :
- Pas de perte de place dans la cellule de vie.
- Centre de gravité bas, pas d’impact sur la hauteur du fourgon.
- Fixation via un berceau ou un câble treuil selon les versions.
En revanche, quelques points de vigilance :
- Le système peut rouiller ou se gripper si le véhicule a quelques années.
- La roue est exposée à la boue, au sel, aux projections (bien vérifier régulièrement l’état du pneu).
- L’accès n’est pas toujours très confortable, surtout chargé, en pente ou dans la boue.
Si votre Trafic n’a plus sa roue d’origine dessous (classique sur les modèles d’occasion), vérifiez si le système de fixation est toujours présent et en bon état. Sinon, il existe des kits de remplacement ou des systèmes de berceau adaptables.
Fixation sur porte arrière ou galerie
Certains aménageurs et bricoleurs installent la roue de secours :
- Sur un support extérieur fixé sur la porte arrière.
- Sur la galerie de toit.
Avantages :
- Accès plus simple qu’en rampant sous le fourgon.
- Possibilité de monter des pneus plus gros si vous faites beaucoup de chemins.
Inconvénients :
- Poids sur la porte arrière (il faut un support sérieux et des renforts adaptés).
- Hauteur totale augmentée si montée sur le toit (gare aux barres de péage et aux branches basses).
- Esthétique discutée… mais ça, c’est une affaire de goût.
Pour un usage « voyage classique Europe » et un Trafic non surélevé façon raid, l’emplacement d’origine sous châssis reste à mon sens la meilleure solution.
Le kit indispensable à avoir avec votre roue de secours
Avoir une roue de secours, c’est bien. Pouvoir la monter au bord de la route, c’est mieux. Le jour où vous en aurez besoin, vous serez content d’ouvrir un coffre bien préparé.
Voici ce que je conseille de toujours avoir à bord :
- Un cric adapté au poids du Trafic (et si possible plus stable que le petit cric d’origine).
- Une clé démonte-roue solide, idéalement en croix ou télescopique.
- Une douille adaptée à vos écrous (les écrous antivol s’il y en a).
- Des gants de travail (pour ne pas finir les mains noires et écorchées).
- Un tapis pliable ou un vieux morceau de mousse pour s’agenouiller ou se glisser sous le fourgon.
- Une lampe frontale (on ne crève jamais au soleil en plein après-midi, c’est une loi non écrite).
- Deux cales de roue pour bloquer le véhicule pendant le levage.
Rangez ce kit toujours au même endroit, facilement accessible. Le jour où ça pète sur une aire d’autoroute sous la pluie, vous n’aurez pas envie de tout retourner pour trouver la clé de 19.
Étapes pour remplacer une roue sur votre Renault Trafic en sécurité
Je ne vais pas vous faire un roman, mais une méthode simple, testée sur route (et pas seulement dans un garage bien propre).
1. Se mettre en sécurité
- Allumez les feux de détresse.
- Garez-vous sur le bas-côté le plus plat possible.
- Serrez le frein à main, engagez une vitesse (ou mode P sur boîte auto).
- Enfilez le gilet jaune, sortez le triangle si nécessaire (et si les conditions le permettent).
2. Préparer le véhicule
- Placez des cales devant et derrière une roue qui reste au sol, côté opposé à la roue à changer.
- Desserrez légèrement (un quart de tour) les écrous de la roue crevée avant de lever le véhicule.
3. Positionner le cric
- Repérez les points de levage prévus par Renault sous le longeron.
- Placez le cric sur sol le plus stable possible (évitez terre meuble ou graviers : dans ce cas, utilisez une planchette solide sous le cric).
4. Lever le véhicule et retirer la roue
- Levez jusqu’à ce que la roue soit légèrement décollée du sol.
- Dévissez complètement les écrous et retirez la roue crevée.
- Glissez la roue crevée sous le châssis comme sécurité supplémentaire (au cas où le cric lâche).
5. Installer la roue de secours
- Positionnez la roue de secours sur le moyeu en alignant les trous.
- Commencez à visser les écrous à la main pour ne pas abîmer le filetage.
- Serrez en croix (un écrou, puis celui en face, etc.) sans forcer pour le moment.
6. Redescendre et serrer correctement
- Redescendez le véhicule jusqu’à ce que la roue touche le sol sans supporter tout le poids.
- Serrez alors fermement les écrous en croix.
- Redescendez complètement, retirez le cric, puis donnez un dernier coup de serrage.
Après quelques kilomètres, si possible, vérifiez de nouveau le serrage des écrous. C’est un réflexe simple qui peut éviter de gros soucis.
Entretenir et vérifier régulièrement sa roue de secours
Une roue de secours oubliée pendant cinq ans sous le châssis, c’est un peu comme une bouteille de gaz périmée : le jour où on en a besoin, on serre les fesses. Un petit contrôle régulier ne prend que quelques minutes.
À chaque grande révision, ou avant un long voyage, pensez à :
- Contrôler la pression : un pneu sous-gonflé de secours ne sert à rien. Gonflez-le souvent un peu plus que les autres (vérifiez les préconisations, mais sur utilitaires, on peut monter autour de 4,5 – 5 bar selon monte).
- Inspecter visuellement le pneu : pas de craquelures, pas de grosse usure localisée, pas de déchirure.
- Vérifier le système de maintien : câble, berceau, vis de maintien > pas rouillés au point d’être impossibles à manœuvrer.
- Tester au moins une fois le mécanisme de descente/remontée de la roue (avant d’en avoir vraiment besoin en bord de route).
Pour la petite histoire, j’ai déjà vu un Trafic immobilisé… non pas à cause de la crevaison, mais parce qu’il était impossible de descendre la roue de secours tellement le mécanisme était grippé. Résultat : dépanneuse.
Roue de secours et aménagement : quelques points spécifiques aux vans Trafic
Quand on aménage un Renault Trafic en van, on ajoute souvent :
- Un réservoir d’eau sous châssis.
- Un réservoir d’eaux usées.
- Un webasto ou autre chauffage gasoil avec durites sous le plancher.
- Des renforts, protections de bas de caisse, etc.
Tout ça peut venir gêner l’emplacement d’origine de la roue. Avant de valider un plan d’aménagement ou de faire installer des éléments sous le véhicule, pensez à :
- Vérifier que l’accès à la roue de secours reste possible.
- Prévoir un cheminement clair pour pouvoir la descendre sans tout démonter.
- Éviter de placer un réservoir au millimètre devant le système de maintien de roue.
Si vraiment l’emplacement d’origine devient inutilisable, il faudra envisager une solution alternative (support arrière ou toit). Mais ne faites pas l’impasse totale sur la roue de secours sous prétexte d’aménagement. Sur un véhicule de voyage, c’est un élément de sécurité à part entière.
En résumé, une bonne roue de secours pour votre Renault Trafic, c’est :
- Un modèle parfaitement compatible avec vos jantes et vos pneus.
- De préférence une roue complète, surtout si vous êtes chargé et que vous voyagez loin.
- Un emplacement d’origine sous châssis entretenu et fonctionnel, ou un support alternatif bien conçu.
- Un kit d’outillage complet à bord pour être vraiment autonome le jour J.
Et puis, soyons honnêtes : l’un des grands plaisirs de la vie de camping-cariste, c’est cette petite fierté discrète quand, au bord de la route, on remonte soi-même une roue, qu’on range le matériel, qu’on remonte dans le Trafic et qu’on reprend la route comme si de rien n’était. La liberté, ça tient parfois à quatre écrous bien serrés.