Prix des autoroutes italiennes : quel budget prévoir en camping-car ?
Tu rêves d’un espresso à l’ombre d’un clocher toscan, d’un bivouac face aux Dolomites ou d’une pizza savourée à deux pas de la mer Adriatique ? L’Italie en camping-car, c’est un vrai régal… jusqu’au moment où la barrière de péage affiche le montant à payer. Là, on déglutit un peu plus lentement.
Dans cet article, on va parler d’un sujet très terre-à-terre mais indispensable pour bien préparer ton périple : le prix des autoroutes italiennes en camping-car, et le budget réaliste à prévoir. Pas de blabla inutile : des chiffres, des exemples d’itinéraires et quelques astuces de vieux routard pour ne pas exploser la tirelire gasoil.
Comment sont calculés les péages en Italie ?
En Italie, pas de vignette comme en Suisse ou en Autriche : on paye au kilomètre parcouru. Tu récupères un ticket en entrant sur l’autoroute (ou ton passage est enregistré si tu utilises le télépéage), et tu paies en sortant en fonction :
- du nombre de kilomètres parcourus ;
- de la portion d’autoroute empruntée (certaines sont plus chères que d’autres) ;
- et surtout… de la catégorie de ton véhicule.
Et c’est là que ça se complique un peu pour nous, camping-caristes.
Camping-car : quelle catégorie de péage en Italie ?
Les Italiens ne classent pas les véhicules seulement par poids, mais aussi par hauteur à l’essieu avant. En très gros :
- Classe A : voitures et véhicules < 1,30 m à l’essieu avant ;
- Classe B : véhicules > 1,30 m à l’essieu avant (beaucoup de camping-cars y tombent) ;
- Classes 3, 4, 5 : véhicules à plus d’essieux (camions, bus, ensembles, etc.).
La majorité des camping-cars profilés et intégraux passent en Classe B. Certains gros gabarits, ou des camping-cars avec remorque, peuvent être comptés en Classe 3, et là la note grimpe sensiblement.
En pratique, pour un camping-car classique < 3,5 t, compte que tu paieras environ 20 à 40 % plus cher qu’une voiture pour la même distance.
Anecdote de route : un soir, en remontant de Naples sous un orage mémorable, j’ai vu la barrière afficher un tarif de camion pour mon pauvre camping-car. Coup de stress… J’ai appuyé sur l’interphone, expliqué en français-italien approximatif, et le préposé a rectifié la catégorie à distance. Moralité : si tu vois un tarif délirant, ne paye pas sans vérifier, il y a souvent moyen de corriger.
Combien coûtent les autoroutes italiennes en camping-car ?
Les prix évoluent régulièrement, mais on peut donner une fourchette réaliste. Pour un camping-car de type Classe B :
- En moyenne : entre 9 et 11 € pour 100 km ;
- Sur certaines portions très chères (tunnels, zones de montagne) : ça peut grimper à 12–14 € / 100 km ;
- Pour de grands trajets : un Paris – Rome aller-retour par l’Italie peut tourner autour de 200–260 € de péages côté italien, selon l’itinéraire exact.
Pour te donner une idée plus concrète, voici quelques exemples de trajets typiques, avec des ordres de grandeur pour un camping-car :
- Vintimille – Gênes – La Spezia – Pise (en longeant la côte ligure) : environ 250 km d’autoroute, compte 25 à 30 € de péages ;
- Vintimille – Florence – Rome par l’A10 puis l’A12/A1 : autour de 600 km, budget 55 à 70 € de péages ;
- Brenner (Autriche) – Vérone – Venise : environ 300 km, table sur 30 à 35 € ;
- Venise – Rome par l’A13 puis l’A1 : 540 km, autour de 50 à 60 € ;
- Rome – Naples : 225 km, environ 20 à 25 € ;
- Naples – Reggio de Calabre : 490 km, autoroute en partie gratuite puis payante, compte 25 à 35 €.
Ce ne sont pas des chiffres au centime près, mais une bonne base pour bâtir ton budget. Pour un grand tour de 2 000 km sur autoroute en Italie avec un camping-car, tabler sur 180 à 220 € de péages est réaliste.
Outils pratiques pour estimer ton budget péages
Pour affiner le calcul en fonction de TON itinéraire, je te conseille d’utiliser :
- Le site officiel Autostrade per l’Italia (ou équivalent) : tu entres tes gares d’entrée et de sortie, choisis ta catégorie, et tu obtiens un tarif précis ;
- Des calculateurs de coûts de trajet comme ViaMichelin : ils permettent d’inclure carburant + péages, pratique pour voir ce que te coûte réellement ton trajet ;
- Les applis GPS / navigation (Sygic, TomTom, etc.) qui proposent parfois une estimation des péages.
Astuce : fais deux simulations pour un même voyage :
- une avec autoroutes ;
- une en les évitant.
Tu verras si le gain de coût justifie ou non de rajouter quelques heures de route nationale. En Italie, parfois ça vaut le coup… parfois pas du tout.
Autoroutes italiennes ou routes secondaires en camping-car ?
La question qui fâche : faut-il prendre l’autoroute en Italie, ou tout faire par les routes nationales et régionales ?
Là, je vais te répondre en vieux camping-cariste pragmatique : ça dépend du temps que tu as et de ta patience.
Les avantages des autoroutes italiennes :
- tu gagnes un temps fou sur les grands axes Nord–Sud (Milan – Bologne – Florence – Rome – Naples) ;
- c’est souvent plus confortable avec un gros camping-car, moins de traversées interminables de villages ;
- tu économises un peu de carburant par rapport à une suite de relances, ronds-points et bouchons.
Les inconvénients :
- le prix, forcément ;
- des aires de service parfois bruyantes, pas celles où tu as envie de passer la nuit ;
- tu rates les petits coins charmants qui se cachent le long des routes secondaires.
Sur certains tronçons, les nationales sont une bonne option : par exemple, entre La Spezia et Pise, ou dans certaines zones de Toscane où les routes secondaires sont belles et roulantes.
Mais attention, dans des régions très vallonnées ou surchargées (comme la côte amalfitaine ou la Ligurie), tenter d’éviter l’autoroute peut vite se transformer en parcours du combattant : routes étroites, scooters partout, camions qui peinent dans les montées… On en ressort parfois plus fatigué que riche.
Ne pas oublier les tunnels et routes spéciales
En plus des péages classiques, certains passages sont facturés à part et peuvent peser lourd dans le budget :
- Les grands tunnels alpins (Mont-Blanc, Fréjus, Grand-Saint-Bernard) : ce sont des liaisons France–Italie ou Suisse–Italie, avec des tarifs spécifiques pour camping-cars, souvent salés ;
- Le col du Brenner côté autrichien : on n’est plus tout à fait en Italie, mais beaucoup de voyageurs qui descendent vers le sud l’empruntent ;
- Certains ponts et sections privées peuvent aussi être payants.
Avant de partir, vérifie les tarifs actualisés et demande-toi s’il n’existe pas une alternative raisonnable : parfois une petite heure de détour par un col panoramique remplace avantageusement un tunnel hors de prix… à condition d’aimer les lacets.
Camping-car, ZTL et centres-villes : les “faux frais” à anticiper
Quand on parle budget de route en Italie, il n’y a pas que les autoroutes. Le pays est truffé de ZTL (Zones à Trafic Limité) dans les centres-villes, surtout historiques : Florence, Pise, Sienne, Rome, Pérouse, etc.
Si tu t’y engages sans autorisation, tu risques :
- une jolie amende reçue quelques semaines plus tard en France ;
- ou plusieurs amendes si tu as traversé plusieurs points de contrôle…
Pourquoi j’en parle dans un article sur le budget autoroute ? Parce que parfois, pour éviter de s’approcher trop près des centres, on choisit des itinéraires de contournement payants, ou des parkings relais payants un peu plus loin. Et ça fait partie du budget global de déplacement.
Astuce de nomade : pour les grandes villes italiennes, je te conseille de :
- viser un camping ou une aire à l’extérieur de la ville ;
- prendre les transports en commun pour entrer en centre-ville ;
- bien vérifier sur une carte les ZTL et les panneaux au moment de te garer.
Tu y gagneras en tranquillité… et tu éviteras de “cramer” ton budget vacances en amendes plutôt qu’en gelatos.
Carburant + péages : penser au budget global
Se focaliser uniquement sur les péages peut être trompeur. Un trajet 100 % autoroute peut parfois être au final moins coûteux qu’un trajet “gratuit” qui roule mal.
En Italie :
- le gasoil est souvent un peu plus cher qu’en Espagne, parfois proche ou légèrement au-dessus des tarifs français ;
- en ville et sur certaines nationales, la consommation grimpe vite (relances, bouchons, arrêts, montées).
Sur une longue journée type “remontée du sud vers le nord”, le combo gagnant peut être :
- un premier tiers sur nationale pour profiter du paysage et visiter un coin sympa ;
- un gros tronçon d’autoroute pour avaler des kilomètres rapidement ;
- puis sortie anticipée pour terminer tranquillement sur une route secondaire vers ton spot du soir.
C’est souvent ce compromis qui permet d’optimiser à la fois le temps, le carburant et les péages.
Quelques astuces pour alléger la facture de péage en Italie
Pas de recette magique, mais une poignée de petites stratégies peuvent faire la différence sur un grand voyage :
- Planifier les grandes liaisons sur autoroute et réserver les routes secondaires pour les étapes plus courtes et les régions à explorer tranquillement ;
- Éviter les allers-retours inutiles : mieux vaut tracer un grand “carré” ou “cercle” que monter, redescendre, remonter encore ;
- Sortir une ou deux sorties avant ta destination si la portion finale est chère et qu’une nationale parallèle existe ;
- Éviter les portions très chères si elles n’apportent pas un vrai gain de temps (certains tunnels et rocades peuvent être contournés sans trop de perte) ;
- Rouler en dehors des heures de pointe pour profiter pleinement de l’autoroute sans bouchons qui font grimper la consommation et les nerfs ;
- Adopter une conduite souple : en camping-car, 5 à 10 km/h de moins, c’est parfois un litre de gasoil économisé aux 100 km, ce qui n’est pas négligeable sur 2 000 km.
Enfin, garde en tête une marge de manœuvre : sur un périple d’une quinzaine de jours en Italie avec beaucoup d’autoroute, prévoir un enveloppe “route” de 300 à 400 € (carburant + péages) pour un camping-car moyen n’a rien d’excessif.
Exemple de budget pour un road trip en Italie en camping-car
Imaginons un voyage de 3 semaines, départ du sud-est de la France (Nice / Menton), itinéraire type :
- côte ligure → Cinque Terre → Toscane (Pise, Florence, Val d’Orcia) ;
- descente vers Rome puis Naples ;
- remontée par l’Ombrie (Lac Trasimène, Assise) et la région de Bologne ;
- retour via le nord de l’Italie (Lac de Garde ou Venise selon l’option) puis retour frontière.
Sur ce genre de boucle, tu peux facilement parcourir 2 000 à 2 500 km en tout, dont une bonne moitié à deux tiers d’autoroute.
En chiffres ronds :
- Péages autoroute : 150 à 220 € selon ta dose d’autoroute et ta catégorie exacte ;
- Carburant (consommation moyenne 10–11 L / 100 sur 2 200 km, gasoil à 1,80 € par exemple) : autour de 400–450 € ;
- Éventuels tunnels / ponts / parkings payants spécifiques : garder une marge de 50–80 €.
On arrive donc à un budget route global de 600 à 750 € pour 3 semaines de voyage, pour un couple ou une famille en camping-car. Vu tout ce qu’on vit et découvre sur un tel périple, le ratio souvenirs / euros investis reste plutôt excellent.
En route vers l’Italie : liberté, mais budget maîtrisé
L’Italie, ce ne sont pas que des chiffres sur un ticket de péage : c’est le parfum du café à la pause de 10 h sur une aire avec vue sur la mer, ce sont les villages perchés qui apparaissent au détour d’un virage, les conversations animées à la station-service quand ton camping-car intrigue les locaux.
Mais en préparant un minimum ton budget d’autoroute, tu gagnes une chose précieuse : la sérénité. Tu sais à quoi t’attendre, tu peux choisir en connaissance de cause quand payer pour “avaler du kilomètre”, et quand prendre le temps de flâner sur les petites routes.
Si tu as déjà vadrouillé en Italie avec ton camping-car, n’hésite pas à partager en commentaire tes propres astuces, tes tronçons d’autoroute “à éviter” ou au contraire les sections que tu trouves vraiment confortables malgré leur prix. Entre nomades, on s’entraide… surtout quand il s’agit d’économiser quelques euros pour les investir dans une bonne glace italienne.
