La suisse en camping car : routes panoramiques, vignettes et règles à connaître

La suisse en camping car : routes panoramiques, vignettes et règles à connaître

Pourquoi la Suisse en camping-car est une idée brillante (et un peu addictive)

La Suisse, c’est un peu le pays des cartes postales… sauf qu’en camping-car, on traverse littéralement l’image. Un lac d’un bleu irréel à gauche, une paroi rocheuse à droite, une vache qui broute au milieu de la pente (en équilibre impossible) et, au loin, un train rouge qui grimpe sur un viaduc : tout est là.

Mais avant de filer sur les routes panoramiques, la Suisse demande un minimum de préparation. Entre la fameuse vignette, les règles parfois strictes et certains cols à aborder avec respect, mieux vaut savoir où on met ses roues. Dans cet article, je te propose un tour d’horizon concret, terrain, avec ce qu’il faut savoir pour profiter à fond de la Suisse en camping-car sans stress.

Vignette autoroute suisse : comment ça marche pour un camping-car ?

La “vignette” suisse, c’est le sésame pour utiliser les autoroutes et certaines voies rapides. Sans elle, le portefeuille prend très vite un coup.

Qui doit l’acheter ?

Tout véhicule jusqu’à 3,5 tonnes de PTAC doit avoir une vignette s’il emprunte l’autoroute :

  • Voitures
  • Vans aménagés
  • Camping-cars de moins de 3,5 t
  • Remorques (y compris remorque bagagère ou porte-moto) : une vignette par élément

Pour les véhicules de plus de 3,5 t (gros camping-cars, poids lourds aménagés), pas de vignette classique : on passe à la taxe poids lourds, la fameuse LSVA (on y revient plus bas).

Prix et durée de validité

La vignette coûte environ 40 CHF (le tarif peut légèrement évoluer, mais c’est stable depuis des années) et elle est valable :

  • Du 1er janvier au 31 janvier de l’année suivante (13 mois)

Il n’existe pas de vignette hebdomadaire ou mensuelle : c’est “tout ou rien”. Même pour 3 jours, c’est la vignette annuelle.

Où l’acheter ?

  • Aux postes frontières suisses
  • Dans de nombreuses stations-service proches de la frontière côté France, Allemagne, Italie, Autriche
  • Dans certains bureaux de poste ou clubs automobiles (type Touring Club Suisse)

Où la coller ?

Elle doit être apposée de manière visible :

  • Sur le pare-brise, à l’intérieur, en bas ou en haut, côté conducteur ou passager, peu importe, mais bien visible
  • Sur la remorque, directement sur un élément fixe (et pas sur une vitre amovible)

Et non, on ne la colle pas sur une feuille plastique à poser/retirer : les contrôles sont sérieux et les amendes salées.

Et si je ne prends pas l’autoroute ?

Tu peux parfaitement traverser la Suisse sans autoroute, en empruntant les routes nationales ou cantonales. C’est plus long, mais souvent plus beau et plus “camping-car friendly”. Dans ce cas, pas besoin de vignette tant que tu évites les tronçons autoroutiers (panneaux verts avec numéro d’autoroute).

Véhicules de plus de 3,5 t : la LSVA à la place de la vignette

Pour les camping-cars de plus de 3,5 tonnes, la Suisse applique une taxe spéciale : la LSVA (Redevance sur le trafic des poids lourds liée aux prestations).

En pratique, ça donne quoi pour un camping-car ?

  • Pas de vignette autoroute : tu es directement soumis à la LSVA
  • Tu paies en fonction du nombre de jours de présence sur le réseau suisse
  • La taxe est due même si tu n’empruntes pas l’autoroute

Comment la payer ?

Deux cas de figure :

  • Tu entres souvent en Suisse : installation d’un appareil électronique de bord (boîtier) qui enregistre les trajets
  • Tu fais un séjour ponctuel : déclaration manuelle à la frontière ou dans certains points de vente (formulaire à remplir avec date d’entrée et de sortie, kilométrage, etc.)

Renseigne-toi impérativement avant ton voyage si ton camping-car dépasse 3,5 t : les règles sont spécifiques et l’amende, en cas de contrôle, peut sérieusement doucher l’enthousiasme.

Les règles de circulation à ne pas prendre à la légère

La Suisse a la réputation d’être stricte… ce n’est pas une légende. En camping-car, mieux vaut respecter le code de la route au kilomètre près.

Limitations de vitesse (camping-car < 3,5 t)

  • Localités : 50 km/h (voire 30 km/h dans certaines zones)
  • Routes hors agglomération : en général 80 km/h
  • Voies rapides : 100 km/h
  • Autoroutes : 120 km/h (si conditions favorables)

Pour les camping-cars de plus de 3,5 t, certaines vitesses sont plus basses : vérifie ton code de la route avant le départ.

Alcool, téléphone, ceinture

  • Alcool : limite de 0,5 ‰ (et tolérance très faible en cas de contrôle)
  • Téléphone : uniquement avec kit mains libres
  • Ceintures obligatoires pour tous les passagers équipés

Feux allumés en journée

Les feux de croisement ou feux diurnes sont obligatoires même en plein jour. Laisser les feux allumés en permanence enlève un souci.

Pneus d’hiver et chaînes

Il n’y a pas d’obligation généralisée de pneus hiver, mais en cas d’accident ou de blocage alors que la route est hivernale et que ton équipement est jugé inadapté, les ennuis tombent vite.

  • Pneus hiver recommandés de novembre à mars (surtout en montagne)
  • Chaînes obligatoires sur certaines routes en hiver (panneau bleu avec pneu et chaîne)

Stationnement, bivouac et nuit en camping-car : ce que disent (vraiment) les règles

Le sujet qui fâche parfois : peut-on dormir “sauvage” en Suisse ? La réponse est… ça dépend. Et ça varie d’un canton, voire d’une commune, à l’autre.

En théorie

  • Le camping sauvage est généralement interdit dans de nombreuses zones protégées (parcs naturels, réserves, zones de tranquillité pour la faune)
  • Le bivouac en haute montagne (tente) est parfois toléré au-dessus de la limite de la forêt, mais ça concerne peu les camping-cars…

Pour les camping-cars, concrètement

  • Le simple fait de se garer sur une place de parking “classique” (sans déballer table, chaises, etc.) peut être toléré pour une nuit, surtout si rien ne l’interdit clairement
  • Beaucoup de communes interdisent le stationnement nocturne des camping-cars (panneaux explicites)
  • Les contrôles peuvent être fréquents dans certaines zones touristiques (bords de lac, stations de montagne, centres-villes)

Le bon réflexe

  • Vérifier la signalisation locale : si ce n’est pas clair, mieux vaut demander à l’office de tourisme ou à un habitant
  • Privilégier les campings et aires officielles : la Suisse en compte beaucoup, souvent dans des cadres magnifiques
  • Rester discret : pas de cales bien visibles sur le bitume du centre-ville, pas de barbecue sur le trottoir

En pratique, je garde la “nuit sauvage” pour les pays plus tolérants, et en Suisse je joue la carte de la tranquillité : camping, aire ou ferme-agriculteur quand c’est possible. Oui, ça a un prix, mais la Suisse n’est de toute façon pas une destination low-cost.

Routes panoramiques : les plus beaux itinéraires à faire en camping-car

C’est là que la Suisse dévoile vraiment son charme : des routes qui grimpent, serpentent, plongent sur des vallées, longent des lacs aux eaux turquoises… Le tout avec des infrastructures routières de très bonne qualité.

Le Grand Tour de Suisse

Le Grand Tour de Suisse, c’est un grand circuit touristique balisé, qui relie les principaux points d’intérêt du pays, sur environ 1600 km. En camping-car, tu peux en suivre des portions plutôt que de tout faire d’un coup.

  • Région du lac Léman (Montreux, Lavaux, Genève)
  • Oberland bernois (Interlaken, Grindelwald, Lauterbrunnen)
  • Grisons (Engadine, St-Moritz)
  • Lac des Quatre-Cantons, Lucerne

La signalisation “Grand Tour of Switzerland” te guide, mais garde toujours un œil sur la faisabilité pour ton gabarit (certains détours sont plus adaptés aux vans et petits camping-cars).

Les grands cols alpins (à aborder avec respect)

Pour qui aime les virages et les panoramas, la Suisse est un terrain de jeu incroyable. Parmi les plus célèbres :

  • Col du Grimsel
  • Col du Furka
  • Col du Susten
  • Col du Gothard (ancienne route pavée pour les plus courageux)

Avec un camping-car, surtout s’il est long ou lourd, je conseille :

  • De vérifier l’ouverture saisonnière (souvent fermés de fin octobre à mai/juin)
  • De regarder les recommandations de gabarit (longueur, poids, remorque déconseillée…)
  • De choisir des journées de beau temps : pluie + brouillard + virages = souvenir moins drôle

Les lacs accessibles en camping-car

La Suisse, ce n’est pas que la montagne verticale, c’est aussi des lacs paisibles, parfaits pour une étape :

  • Lac Léman : nombreuses aires et campings, surtout côté Vaud et Valais
  • Lac de Thoune et lac de Brienz : région d’Interlaken, idéal pour randos et téléphériques
  • Lac des Quatre-Cantons : très photogénique, avec Lucerne comme base
  • Lac de Constance : partagé avec l’Allemagne et l’Autriche, ambiance douce et cyclable

Un de mes meilleurs souvenirs : un réveil au bord du lac de Brienz, camping-car nez sur l’eau turquoise, les premiers bateaux qui passent en silence, et ce sentiment d’être au bout du monde… à deux heures de la frontière française.

Tunnels, ponts, gabarits : ce que ton camping-car doit encaisser

La Suisse est truffée de tunnels et d’ouvrages d’art. C’est confortable en hiver… mais ça demande un minimum d’attention au gabarit et aux équipements.

Tunnel du Gothard

  • Environ 17 km de long : l’un des plus longs tunnels d’Europe
  • Peut être très chargé les week-ends et vacances (bouchons, attente aux entrées)
  • Limitation de vitesse stricte, distance de sécurité contrôlée

Si tu ne supportes pas les longs tunnels, tu peux parfois passer par le col (en saison) ou envisager le train-navette pour certains axes (chargement du véhicule sur un train pour traverser un massif).

Restrictions de gabarit

Certains tunnels, ponts, routes de montagne ont des limitations :

  • Hauteur maximale (souvent 3,5 m ou 4 m)
  • Largeur limitée
  • Interdiction aux véhicules lourds ou longs

Avant de suivre aveuglément ton GPS, soigne les réglages “profil camping-car” si possible. Dans le doute, privilégie les grands axes plutôt que les “raccourcis” de montagne.

Eau, vidanges, gaz : la logistique en Suisse

La Suisse est bien équipée pour les camping-caristes… mais pas forcément à chaque coin de rue. Anticiper un peu te facilitera la vie.

Points d’eau et vidanges

  • La plupart des campings disposent d’aires de services complètes
  • Certaines stations-service proposent eau et vidange (parfois payantes)
  • Il existe des aires dédiées aux camping-cars, mais moins nombreuses qu’en France

Un bon réflexe : profiter de chaque arrêt en camping pour refaire le plein d’eau propre et vider les eaux grises/noires, même si tu n’es pas encore “à sec”.

Gaz et électricité

  • Le propane est disponible, mais les bouteilles et raccords peuvent différer de ceux de ton pays
  • Prévois un adaptateur si tu comptes échanger une bouteille vide contre une suisse
  • L’électricité en camping est généralement fiable, souvent en 10 A ou plus, prises type européenne

En hiver, tourne-toi si possible vers des campings ouverts à l’année, habitués aux camping-cars : bornes hors gel, bonnes puissances électriques, parfois même des espaces pour sécher les affaires de ski.

Respect de la nature et du voisinage : la clé pour voyager serein en Suisse

La Suisse a un rapport très fort à ses paysages et à ses espaces naturels. En camping-car, on est invité, pas propriétaire. Quelques réflexes permettent d’éviter les tensions :

  • Ne jamais vidanger eaux grises ou noires ailleurs que dans un point prévu à cet effet
  • Éviter le bruit : pas de moteur allumé pour “recharger” à 22 h sur un parking calme
  • Limiter l’étalage : table, chaises, auvent… réservent-toi ça pour les campings ou les aires qui l’autorisent
  • Ramasser systématiquement ses déchets, y compris les petits papiers et mégots

C’est ce genre d’attitude qui fait que les camping-caristes sont encore bienvenus dans beaucoup de lieux magnifiques. La Suisse n’hésite pas à légiférer quand un usage est abusif… alors autant montrer qu’on sait voyager proprement.

Quand partir en Suisse en camping-car ?

La Suisse se savoure à toutes les saisons, mais pas pour les mêmes raisons.

Printemps (avril-mai)

  • Neige encore présente en altitude, verdure en vallée
  • Certains cols encore fermés, mais ambiance très photogénique
  • Moins de monde qu’en été

Été (juin-septembre)

  • Cols alpins ouverts (en général)
  • Idéal pour la randonnée, les lacs, les routes panoramiques
  • Campings prisés, mieux vaut réserver autour des grands sites

Automne (septembre-octobre)

  • Coup de cœur pour les couleurs, surtout dans les Grisons et le Valais
  • Moins de touristes, climat encore agréable

Hiver

  • Voyage possible, mais demande une vraie préparation (pneus hiver, chaînes, chauffage efficace)
  • Accès limités à certains campings et routes
  • Ambiance magique si tu aimes la neige et les marchés de Noël

Derniers conseils pour profiter au maximum de la Suisse en camping-car

Pour résumer et t’aider à préparer ton road-trip :

  • Vérifie le PTAC de ton camping-car : vignette (≤ 3,5 t) ou LSVA (> 3,5 t)
  • Achète la vignette dès la frontière si tu comptes emprunter l’autoroute
  • Respecte strictement les limitations de vitesse et la signalisation
  • Prévois ton itinéraire en tenant compte des cols, tunnels et restrictions de gabarit
  • Privilégie campings et aires pour la nuit, et garde les “spots sauvages” pour les pays plus tolérants
  • Anticipe la logistique eau/vidange/gaz, surtout en dehors des zones très touristiques
  • Garde toujours un plan B d’étape, au cas où un parking ou une aire soit complète ou interdite aux camping-cars

La Suisse demande un peu plus de rigueur que d’autres destinations, mais en échange, elle offre des paysages parmi les plus spectaculaires d’Europe, des routes impeccables et un sentiment de sécurité rare. Une fois qu’on a pris le pli (et payé la vignette…), on se surprend à rallonger l’itinéraire “juste pour voir ce qu’il y a derrière la prochaine montagne”.

Et c’est souvent là, derrière ce virage supplémentaire, que naissent les plus beaux souvenirs de voyage en camping-car.