La france en camping car les 150 plus belles balades : comment organiser son périple

La france en camping car les 150 plus belles balades : comment organiser son périple

Fermer la porte de la maison, tourner la clé de contact du camping-car et se dire : « Cette fois, on part vraiment faire le tour de la France. » Rien que cette phrase a le parfum de liberté. Mais entre le rêve et la réalité, il y a une petite marche : l’organisation. Et quand on a entre les mains un guide du type « La France en camping-car – les 150 plus belles balades », la tentation est grande de vouloir tout faire… en trois semaines. Mauvaise idée, croyez-en un vieux routard des nationales.

Alors, comment transformer ces 150 balades en un périple cohérent, agréable, et surtout à votre rythme ? Installez-vous, servez-vous un café bien chaud dans la cellule, on déroule tout ça ensemble.

Balades, étapes, itinéraires : par où commencer ?

Avant de tracer des traits sur la carte, il faut répondre à une question simple : qu’est-ce que vous cherchez dans ce voyage ?

Quelques pistes :

  • Vous aimez rouler : avaler des kilomètres, changer de décor souvent, voir « beaucoup » en un temps réduit.
  • Vous aimez flâner : rester 2-3 nuits au même endroit, marcher, discuter avec les locaux, prendre le temps.
  • Vous voyagez en famille : il faudra alterner visites, pauses jeux, baignades, et limiter les longues étapes.
  • Vous êtes plutôt nature ou culture : parcs régionaux et petites routes, ou villes, musées, villages classés ?

Notez tout ça noir sur blanc. C’est votre boussole. À partir de là, les 150 balades du guide deviennent autant de pièces de puzzle… mais c’est vous qui décidez de l’image finale.

Choisir vos régions : mieux vaut moins, mais mieux

L’erreur classique : vouloir faire Bretagne, Provence, Alpes, Alsace et Pays basque en un seul voyage. Sur la carte, ça tient. Sur la route, c’est une autre histoire…

Pour un premier grand périple avec ce type de guide, je vous conseille de retenir 2 à 3 grandes zones maximum, par exemple :

  • Littoral Atlantique + Bretagne
  • Sud-Ouest + Pyrénées
  • Provence + Alpes du Sud
  • Alsace – Vosges + Jura
  • Centre – Val de Loire + Périgord

Feuilletez le guide, repérez les balades qui vous font saliver (photos, descriptions, villages, routes panoramiques). Mettez un post-it, un coup de surligneur, ce que vous voulez. Au bout de 15 minutes, vous aurez déjà vos « évidences » : ces coins où vous voulez absolument poser les roues.

À partir de là, gardez une règle d’or : pour 150 balades proposées, visez-en 10 à 20 maximum pour un voyage de 3 semaines. Oui, seulement. Les autres, ce sera pour plus tard. La France ne va pas s’enfuir.

Caler la durée et le bon moment

Une balade de guide touristique, ça tient en deux pages. Dans la vraie vie, ça peut occuper deux jours. Tout dépend de la saison, de votre énergie, et de ce que vous aimez faire sur place.

En camping-car, un bon rythme, c’est souvent :

  • 100 à 200 km par jour maximum, et pas tous les jours.
  • 1 jour « route » + 1 ou 2 jours « sur place » en alternance.
  • Une journée sans bouger tous les 3-4 jours pour souffler, faire les lessives, les vidanges, les courses.

Côté périodes, pour profiter au mieux des « plus belles balades » :

  • Printemps (avril à juin) : journées longues, nature en fleurs, routes plus tranquilles.
  • Septembre – octobre : lumière magnifique, vignobles, moins de monde sur les aires.
  • Juillet – août : possible, bien sûr, mais il faudra anticiper davantage (réservations, parkings, chaleur).

Posez vos dates sur un calendrier, avec déjà en tête quelques « temps forts » : marchés locaux, fêtes de village, vendanges, transhumances… Souvent, le guide mentionne les périodes idéales : servez-vous-en pour affiner.

Construire un fil conducteur : le secret d’un voyage qui a du sens

Un bon itinéraire n’est pas seulement une succession de points GPS, c’est une histoire que vous racontez avec vos roues. Pour donner de la cohérence à votre périple, imaginez un thème principal :

  • Les plus beaux villages de France cités dans le guide (Belcastel, Riquewihr, Gordes…)
  • Les grandes routes mythiques : Route des Grandes Alpes, Corniche basque, Gorges et causses du Sud.
  • La France des fleuves : Loire, Dordogne, Rhône, Tarn…
  • Tour de France des spécialités : huîtres en Charente, cassoulet dans le Sud-Ouest, choucroute en Alsace…

Ce fil conducteur va vous aider à choisir, parmi les 150 balades, celles qui s’imbriquent bien entre elles. Celles qui racontent votre histoire à vous.

Tracer la route : de la page du guide à l’itinéraire réel

Passons au concret. Comment passer de « 150 balades » à un trajet clair sur la carte ?

Une méthode simple, que j’utilise encore aujourd’hui :

  • Étape 1 : Sur une carte de France (papier ou en ligne), pointez les balades qui vous intéressent le plus.
  • Étape 2 : Reliez-les grossièrement, en évitant les allers-retours inutiles. Vous verrez vite se dessiner un grand « arc » ou une boucle.
  • Étape 3 : Regardez les distances entre chaque point. Si vous avez 350 km entre deux balades, ajoutez une étape intermédiaire (une aire sympa, un village sur la route).
  • Étape 4 : Ajustez pour rester dans un rythme confortable : pas plus de 2-3 jours de route d’affilée sans pause longue.

À ce stade, vous devez avoir deux choses :

  • Un tracé global (votre « grande boucle »).
  • Une liste d’étapes majeures (les balades-clés du guide).

Le reste ? Ce sera l’improvisation, les coups de cœur en cours de route, la petite église aperçue depuis la départementale, le marché de producteurs qu’on n’avait pas prévu. Laissez volontairement des « trous » dans votre programme pour que le voyage respire.

Préparer les nuitées : l’art de bien dormir pour mieux rouler

On peut parler paysages des heures, mais en camping-car, deux sujets reviennent toujours : où dormir et où vidanger. Sans ça, même la plus belle balade tourne vite à la galère.

En parallèle du guide des 150 balades, prévoyez quelques outils :

  • Applications spécialisées (Park4Night, Campercontact, CaraMaps…) pour repérer aires, parkings autorisés, campings.
  • Cartes ou guides papier d’aires de services, pratiques quand le réseau fait des siennes.
  • Liste des campings municipaux des régions traversées : souvent simples, bien placés, et abordables.

Pour chaque « grande balade » que vous retenez dans le guide, anticipez :

  • Une option principale pour la nuit (aire, camping, parking toléré).
  • Une option de secours à 20-30 km, au cas où le premier plan serait complet ou peu engageant.

Astuce de vieux briscard : évitez d’arriver systématiquement tard le soir sur les spots. En France, passé 19-20h en haute saison, les plus jolis coins sont souvent déjà bien remplis. En arrivant dans l’après-midi, vous aurez le temps de choisir votre emplacement, sortir les chaises, observer les voisins… et peut-être partager un apéro improvisé.

Gestion de l’autonomie : eau, gaz, batteries & compagnie

Avant de vous lancer sur un périple de plusieurs semaines autour de la France, posez-vous ces questions très terre-à-terre (mais cruciales) :

  • Quelle est l’autonomie en eau de votre camping-car ? (en général 2 à 4 jours à deux, suivant votre sobriété).
  • Êtes-vous équipés en panneaux solaires / batteries lithium ou dépendez-vous des branchements au 230 V ?
  • Gaz : combien de temps tient une bouteille avec votre usage (frigo, chauffage, cuisson) ?

À partir de là, répartissez vos étapes en gardant en tête ce rythme :

  • 1 aire avec services ou camping tous les 2 ou 3 jours pour recharger en eau, vidanger, faire un point.
  • Des spots plus « nature » entre deux, quand c’est autorisé et respectueux de l’environnement (et des riverains).

Ce serait dommage de devoir quitter précipitamment une vallée sublime parce que le voyant des eaux usées clignote furieusement…

Sécurité, météo, imprévus : le trio à apprivoiser

Une grande boucle à travers la France, c’est aussi accepter qu’il y aura des imprévus : un col fermé, une alerte météo, un marché qui bloque l’accès au centre-ville.

Quelques réflexes utiles :

  • Consulter la météo régionale la veille pour le lendemain, surtout en montagne et en bord de mer.
  • Prévoir un « plan B » et un « plan C » pour vos grandes étapes (un autre col, une autre vallée, une ville à proximité).
  • Respecter les limitations de gabarit : les routes “jolies en photo” peuvent être infernales en 7,40 m.
  • Anticiper les ZFE (Zones à Faibles Émissions) dans les grandes villes : certains camping-cars anciens ne peuvent plus y entrer.

Le guide des 150 balades vous donnera des idées de lieux, mais c’est votre bon sens de camping-cariste qui convertira ça en étapes sûres et agréables.

Un exemple de périple type avec quelques-unes de ces « plus belles balades »

Pour rendre tout ça plus concret, imaginez un voyage de 3 semaines sur un axe Atlantique – Sud-Ouest – Pyrénées.

Vous pourriez, par exemple :

  • Commencer en Charente-Maritime : balade autour des îles (Ré, Oléron), ports ostréicoles, pistes cyclables.
  • Descendre vers le Bassin d’Arcachon : dune du Pilat au lever du soleil, pistes cyclables autour du bassin.
  • Pousser jusqu’à la Côte Basque : marche entre Bidart et Saint-Jean-de-Luz, soirée à Bayonne ou Biarritz.
  • Obliquer ensuite vers l’intérieur des terres, direction le Pays basque intérieur : villages comme Espelette, Saint-Jean-Pied-de-Port, petites routes verdoyantes.
  • Remonter doucement en suivant les Pyrénées : vallée d’Ossau, vallée de Luz, col du Tourmalet (si gabarit et saison le permettent), cirque de Gavarnie.
  • Terminer par un passage dans le Gers ou le Lot-et-Garonne : bastides, marchés, repas sous les platanes avant de rentrer.

Dans tout ça, vous aurez pioché une dizaine de balades dans le guide, et vous en aurez laissé beaucoup de côté… pour un prochain voyage. Et c’est très bien comme ça.

Bien équilibrer visites, trajets et temps pour soi

Un piège subtil guette celui qui part avec un gros guide bien rempli : vouloir « rentabiliser ». On veut tout voir, tout faire, tout cocher. Or, la magie du camping-car est ailleurs.

Essayez de garder une structure de ce type :

  • Le matin : petits trajets (moins de 2 heures), installation sur le nouveau spot, repérage des lieux.
  • Le début d’après-midi : pause tranquille, sieste, lecture, jeux avec les enfants.
  • Fin d’après-midi : balade, visite d’un village, marche sur un sentier, baignade.
  • Soirée : profiter du spot, cuisiner local, discuter, rêver à l’étape suivante.

Les jours « pause » (sans bouger du tout), faites l’inverse : pas de route, juste de petites explorations à pied ou à vélo, du temps pour bricoler un peu dans le camping-car, s’occuper des photos, écrire quelques lignes de carnet de bord.

Matériel et papiers : l’indispensable du grand tour

Sans transformer votre cellule en magasin de plein air, quelques éléments facilitent grandement un périple basé sur de multiples balades à travers la France :

  • Un bon GPS dédié camping-car ou une appli avec réglage de gabarit, pour éviter les mauvaises surprises (ponts trop bas, routes impraticables).
  • Une carte papier de France, pour avoir une vision d’ensemble et trouver des itinéraires bis en cas de pépin.
  • Deux ou trois guides papier complémentaires (aires de services, Patrimoine, randonnées faciles).
  • Vélos (classiques ou électriques) pour rayonner autour des zones de balades sans bouger le camping-car.
  • Chaussures de marche confortables : le guide vous vendra du rêve, vos pieds devront suivre.
  • Copies de vos papiers importants (carte grise, assurance, permis, CNI/passeport), en version papier et numérique.

Avec ça, vous pouvez vous lancer sereinement. Le reste, vous l’ajusterez au fil des kilomètres.

Et si on laissait une place à l’imprévu ?

Organiser son périple avec un guide des 150 plus belles balades, c’est déjà faire un tri. Mais n’oubliez pas : le plus beau souvenir ne sera peut-être pas dans le livre. Ce sera peut-être :

  • ce petit village jamais cité nul part, découvert en cherchant une station de vidange ;
  • ce détour pour éviter un embouteillage, qui vous fait traverser une vallée splendide ;
  • cette soirée partagée avec les voisins de l’aire, qui vous donnent l’idée d’une prochaine étape.

Préparez suffisamment pour ne pas subir, mais laissez toujours une marge pour suivre une recommandation, un panneau « point de vue à 2 km », un marché de producteurs indiqué au dernier moment.

Au final, organiser un périple à travers la France avec un guide comme « Les 150 plus belles balades » n’est pas une mission impossible, ni un examen à réussir. C’est un jeu d’équilibre entre vos envies, votre rythme, les contraintes techniques du camping-car et cette part d’inattendu qui fait toute la saveur de la vie sur quatre roues.

Alors ouvrez le guide, sortez la carte, alignez quelques étapes, mais gardez toujours en tête que le plus important n’est pas de tout voir. Le plus important, c’est ce sourire que vous aurez en tournant la clé de contact le matin, en sachant que la prochaine belle balade commence au bout de la route.