Finlande camping car : découvrir la laponie, les lacs et les aires de repos gratuites

Finlande camping car : découvrir la laponie, les lacs et les aires de repos gratuites

Quand on parle de voyage en camping-car, on pense souvent à l’Espagne, au Portugal, à l’Italie… et pourtant, il est un pays qui, pour moi, joue dans une tout autre catégorie : la Finlande. Le royaume des mille lacs, des forêts à perte de vue, des rennes un peu partout sur la route, et de la fameuse Laponie qui fait briller les yeux des grands enfants que nous sommes restés.

Alors, si vous rêvez de routes désertes, de bivouacs au bord de l’eau, de saunas fumants sous un ciel rose de minuit et d’aires de repos gratuites où l’on se réveille avec la brume sur le lac… attachez vos ceintures, on part en Finlande, en camping-car.

Pourquoi la Finlande est un paradis pour les camping-caristes

Ce pays a un super-pouvoir : il rend simple ce qui, ailleurs, peut vite devenir galère. Stationner, dormir, faire ses services, trouver un coin tranquille… tout semble pensé pour ceux qui voyagent en autonomie.

En Finlande, vous profitez notamment de :

  • La liberté de camping (Everyman’s Right) : tant que vous respectez la nature, ne dérangez personne et restez à distance raisonnable des habitations, vous pouvez vous arrêter facilement dans la nature (avec un peu plus de prudence pour les camping-cars que pour la simple tente, bien sûr).

  • Des routes calmes et bien entretenues : même en Laponie, les grands axes sont en bon état. On roule détendu, et ça aussi, ça change le voyage.

  • Des aires de repos gratuites étonnamment bien fichues : parkings au bord d’un lac, toilettes propres, parfois barbecue, abris, tables, et toujours ce sentiment d’espace et de sérénité.

  • Une culture du respect et du silence : personne ne vient faire un burn au frein à main à 2h du matin à côté de votre camping-car. Ici, la nuit appartient aux chouettes, pas aux kékés.

La seule vraie question, c’est : par où commencer ? Les lacs du sud, la Laponie du nord, ou les deux ? Si vous avez du temps, je vous conseille un itinéraire en boucle : lacs d’abord, puis remontée vers la Laponie… et retour par la côte ou par l’intérieur.

Préparer son voyage en camping-car en Finlande

Avant de se lancer dans les rennes et les aurores boréales, quelques points pratiques méritent d’être posés autour de la table du salon (ou de la dinette).

  • Y aller avec son propre camping-car ou en louer un sur place ?

    Si vous partez de France, deux solutions :

    • La route par l’Allemagne, puis la Suède (via un ferry Allemagne–Suède ou Danemark–Suède) et enfin la Finlande.

    • Le ferry directement vers Helsinki (depuis l’Allemagne ou la Suède, par exemple).

    C’est un beau road trip en soi, mais il faut quelques semaines devant soi.

    Si vous avez moins de temps, louer un van ou camping-car sur place (Helsinki, Rovaniemi, Tampere…) peut être une bonne option. On débarque, on charge, on roule.

  • Quelle saison privilégier ?

    • Juin à août : parfait pour un premier voyage. Journées interminables, température agréable, routes dégagées, eaux des lacs (relativement) baignables.

    • Septembre : pour des couleurs d’automne de folie et un peu moins de monde, avec des nuits déjà fraîches.

    • Hiver : possible, mais là on parle plutôt 4×4, pneus cloutés, chauffage costaud et expérience nordique assumée. Magnifique, mais à ne pas improviser si c’est votre premier voyage au long cours.

  • Budget carburant et vie sur place

    Le carburant est souvent un peu plus cher qu’en France, mais la vie courante s’équilibre car :

    • Beaucoup de spots sont gratuits ou très peu chers.

    • Les aires de repos et services sont nombreux, donc moins de camping payant obligatoire.

    • Si vous faites vos courses au supermarché et cuisinez à bord, le budget reste raisonnable.

Avec ces bases en poche, on peut passer à ce qui fait vibrer : les grands espaces finlandais.

Les lacs de Finlande en camping-car : la douceur du grand nord

Le sud et le centre de la Finlande, c’est l’archétype de la carte postale nordique : des lacs partout, des forêts qui se reflètent dans une eau immobile, des petites jetées en bois et parfois un sauna qui fume en bord de rive. En camping-car, c’est un véritable terrain de jeu.

Mes secteurs coups de cœur :

  • Région des milles lacs (Lakelands)

    Autour de villes comme Jyväskylä, Mikkeli ou Kuopio, on se retrouve dans un paysage de puzzle aquatique : routes qui slaloment entre les bras de lacs, ponts, petites îles…

    Sur Google Maps ou les applis pour camping-caristes, vous repèrerez facilement :

    • Des parkings au bord de l’eau, souvent aménagés avec tables et abris.

    • Des aires de repos avec toilettes sèches et parfois barbecue fixe.

    • Des petits ports de plaisance où l’on tolère souvent les camping-cars pour une nuit ou deux, moyennant parfois une petite contribution.

  • Les parcs nationaux forestiers et lacustres

    Regardez du côté des parcs comme Repovesi, Koli ou Linnansaari. Beaucoup disposent :

    • De parkings jour/nuit non payants ou à petit prix.

    • De sentiers balisés pour aller marcher, admirer des points de vue, voire faire un tour en barque ou en canoë.

    • De laavus : ces abris en bois ouverts avec foyer, bois fourni et parfois grille pour faire griller les saucisses. On est en pleine culture finlandaise là.

Je me souviens d’un réveil, quelque part entre Kuopio et Joensuu. Bivouac au bord d’un lac, brume au ras de l’eau, silence total, juste quelques canards au loin. J’ouvre la porte latérale, le café fume, et je réalise que la route principale est pourtant à 500 mètres. La Finlande a ce pouvoir : vous isoler sans vous compliquer la vie.

Cap sur la Laponie : la magie du nord en camping-car

Monter en Laponie finlandaise en camping-car, c’est un peu comme changer de planète. Plus on remonte, plus les forêts se raréfient, plus la toundra s’installe, plus les rennes prennent leurs aises. Et moins il y a de monde.

Les grands “noms” à garder en tête :

  • Rovaniemi, la “porte de la Laponie”

    Ville un peu touristique, certes, mais pratique pour :

    • Faire des courses.

    • Refaire le plein d’eau et de gaz.

    • Visiter (ou pas) le village du Père Noël, surtout si vous voyagez avec des enfants.

  • Les grands axes lapons

    En remontant vers le nord, les routes principales sont en bon état, avec de longues lignes droites et de grandes zones de nature partout autour. Quelques secteurs à privilégier :

    • La région de Luosto et Pyhä : superbes collines, sentiers de randonnée, paysages de carte postale.

    • Autour de Inari et du lac Inari : immensité, lumière incroyable, culture sami (le peuple autochtone de Laponie).

    • Vers le nord jusqu’à Utsjoki, aux portes de la Norvège : on touche au bout de la route, et ça se sent.

En Laponie, le temps prend une autre dimension. On roule deux heures sans croiser grand monde, les rennes traversent la route avec le flegme d’un parisien au feu rouge, et le ciel joue souvent les artistes, entre ciels pastel du soleil de minuit en été, et premières aurores boréales dès la fin de l’été ou l’automne.

En camping-car, la clé est de :

  • Garder le réservoir bien rempli (les stations sont plus espacées).

  • Prévoir de quoi tenir quelques jours en autonomie : eau, nourriture, gaz.

  • Ne pas être trop pressé : ici, on savoure la route autant que la destination.

Un soir près d’Inari, garé sur un parking au bord du lac, j’ai passé une bonne demi-heure simplement à observer un renne qui broutait à quinze mètres du camping-car, sans un bruit, comme si je n’existais pas. On oublie vite les bouchons du périph’ dans ces moments-là.

Les aires de repos gratuites : trésor caché (mais pas tant que ça)

Parlons maintenant de ce qui fait de la Finlande un petit paradis pour nos maisons roulantes : ses aires de repos. On est loin du simple bout de bitume tristounet avec deux poubelles et un panneau délavé.

Sur tout le réseau routier, vous trouverez :

  • Des aires le long des grands axes

    Souvent signalées régulièrement, elles offrent généralement :

    • Un grand parking plat (parfois séparé poids lourds / voitures / camping-cars).

    • Des toilettes (souvent sèches mais propres, avec papier).

    • Des tables de pique-nique, parfois sous abri.

    • Un accès direct à la nature : sentier, forêt, lac…

    Une partie de ces aires conviennent très bien pour une nuit calme, surtout si vous évitez celles juste à côté des stations-service.

  • Des aires “nature” au bord de l’eau

    Ce sont mes préférées. Un petit panneau sur le bas-côté, une route qui file dans la forêt, et au bout :

    • Un parking en terre ou en gravier, à quelques mètres d’un lac.

    • Des toilettes sèches dans une petite cabane en bois.

    • Un abri avec un foyer au centre et du bois rangé à proximité.

    • Parfois une petite plage de sable ou une jetée pour se baigner.

    On y croise des familles finlandaises qui viennent faire un barbecue, des pêcheurs, quelques randonneurs. L’ambiance est simple, conviviale, jamais envahissante. On respecte votre tranquillité.

Côté pratique, pour les repérer :

  • Utilisez des applis comme Park4Night, Campercontact et consorts.

  • Zoomez sur Google Maps en suivant les routes principales : les petites icônes “aire de repos” ou les parkings isolés au bout d’un petit chemin valent souvent l’arrêt.

  • Fiez-vous aussi aux panneaux sur place, nombreux et explicites.

Attention toutefois à quelques règles de bon sens :

  • Ne sortez pas tables, chaises et auvent partout comme si vous étiez dans votre jardin. En Finlande, on aime la discrétion.

  • Laissez l’endroit plus propre que vous ne l’avez trouvé. Ici, la nature est presque sacrée.

  • Respectez les panneaux d’interdiction spécifiques (rarement abusifs, souvent justifiés).

Services, eau, vidanges : voyager serein en autonomie

Voyager en camping-car, c’est aussi une affaire de logistique. En Finlande, rien d’insurmontable, mais il faut un peu d’anticipation, surtout dans le nord.

Pour les pleins d’eau et les vidanges :

  • Beaucoup de stations-service proposent un robinet pour l’eau potable, parfois gratuitement, parfois pour quelques pièces.

  • Certains campings acceptent qu’on fasse les services moyennant un petit forfait, même si on ne passe pas la nuit.

  • Des aires de services dédiées existent dans certaines villes ou zones touristiques.

En Laponie, les distances s’allongent :

  • Profitez de chaque ville ou gros bourg pour refaire le plein.

  • Évitez de laisser les réservoirs se vider sous prétexte que “ça ira bien encore un peu”.

Côté électricité, avec des journées très longues en été, les panneaux solaires tournent à plein régime. Si vous êtes bien équipés, vous pourrez quasiment éviter les branchements secteur pendant des jours, voire des semaines, surtout si vous gérez bien votre consommation.

Et puis il y a un autre “service” typiquement finlandais : le sauna. Certains campings, ports ou hébergements en proposent en accès payant, parfois avec créneaux réservables. Rien ne vaut un bon sauna suivi d’une douche (ou d’un plongeon express dans un lac glacé pour les courageux) après une journée de route.

Dormir dans la nature en respectant la loi et les habitudes locales

La Finlande est généreuse avec les amoureux de la nature, mais ce n’est pas le Far West pour autant. Le fameux Everyman’s Right (droit de chacun à profiter de la nature) repose sur un équilibre : liberté, mais aussi respect.

Quelques repères à garder en tête :

  • On évite de se coller aux maisons : gardez une distance raisonnable des habitations, même si elles semblent “abandonnées” (elles le sont rarement complètement).

  • On ne bloque pas les accès : chemins forestiers, entrées de champs, pistes d’exploitation forestière… même si elles semblent peu utilisées, laissez toujours le passage libre.

  • On reste discret : pas de musique forte, pas de guirlandes lumineuses façon village de Noël en pleine forêt, pas de feu sauvage hors des foyers prévus.

  • On se renseigne dans les parcs nationaux : certains ont des règles spécifiques, notamment sur le bivouac en véhicule.

Avec ces principes, vous verrez qu’on vous laisse tranquilles, et que le bivouac devient un art de vivre plutôt qu’une source de stress.

Finlande en camping-car : pour qui, et avec quel esprit ?

Si vous aimez les campings-clubs avec animations piscine et soirées karaoké, vous risquez d’être un peu dépaysés. La Finlande, c’est plutôt l’école de la sobriété heureuse :

  • Des nuits calmes, souvent à deux ou trois véhicules maximum sur un spot.

  • Un rapport à la nature simple, sans chichis, mais profond.

  • Des rencontres discrètes mais chaleureuses : un “Hei” ou “Moi” poli, un sourire, parfois quelques mots d’anglais avec un pêcheur ou une famille en balade.

Ce pays s’adresse à ceux qui :

  • Ont envie d’espace et de silence.

  • Sont prêts à faire quelques kilomètres de plus pour trouver un lac tranquille plutôt qu’un parking bondé.

  • Ne paniquent pas à l’idée de rouler deux heures sans voir de supermarché.

Mais si vous vous reconnaissez là-dedans, alors la Finlande en camping-car pourrait bien devenir l’un de ces voyages qui marquent une vie de nomade. Ce genre de route dont on se souvient des odeurs (la résine de pin après la pluie), des bruits (le craquement d’un feu dans un abri en bois), des lumières (ce ciel rose pâle de 23h en juillet)… bien plus que des kilomètres avalés.

Et le jour où vous repartirez vers le sud, en laissant derrière vous la Laponie, les lacs et ces fameuses aires de repos gratuites au bord de l’eau, il y a de grandes chances que vous vous disiez : “On reviendra.”