Equipement starlink pour van : installation, consommation électrique et retour d’expérience

Equipement starlink pour van : installation, consommation électrique et retour d’expérience

Il y a quelques années encore, capter un semblant de Wi-Fi en camping-car relevait parfois de la séance de spiritisme : bras en l’air avec le smartphone, partage de connexion vacillant, antenne 4G qui fait ce qu’elle peut… Et puis Starlink est arrivé, avec sa promesse d’Internet haut débit « partout ». Mais qu’est-ce que ça donne concrètement dans un van ou un camping-car ? Comment on l’installe, combien ça consomme, et est-ce vraiment adapté à la vie nomade ?

C’est ce que je vous propose de décortiquer ici, en m’appuyant sur mon propre retour d’expérience et celui de pas mal de compagnons de route. Prenez un café, imaginez le bruit doux du vent autour du van : on parle Internet des étoiles.

Starlink dans un van : pour qui, pour quoi ?

Avant de sortir la perceuse et les câbles, la vraie question est : est-ce que Starlink est fait pour vous ?

Starlink devient intéressant si :

  • Vous voyagez souvent hors des zones bien couvertes en 4G/5G (montagne, campagnes profondes, Scandinavie, Balkans, zones reculées d’Espagne ou du Portugal, etc.).
  • Vous travaillez sur la route (télétravail, visios, envoi de gros fichiers, montages vidéos à uploader).
  • Vous êtes plusieurs à bord avec de gros besoins : Netflix, YouTube, jeux en ligne, plateformes de streaming musical, etc.
  • Vous voulez une connexion plus stable et prévisible que la 4G, surtout à l’étranger.

En revanche, si vous voyagez essentiellement dans des zones bien couvertes et que votre partage de connexion 4G fonctionne déjà très bien, Starlink ne sera pas forcément indispensable. C’est un budget non négligeable, qui doit être justifié par un réel besoin.

Dans mon cas, la bascule s’est faite un matin de janvier, sur un petit parking isolé dans les Pyrénées. Ciel bleu, neige fraîche, spot parfait… et zéro réseau. J’avais une visio client à 10h. Park4Night me promettait un « réseau correct » : résultat, même pas un SMS qui passe. C’est ce genre de situation qui m’a fait franchir le pas.

Quel kit Starlink choisir pour un van ou un camping-car ?

Starlink a déjà un peu changé ses offres et ses appellations au fil du temps, mais l’idée reste globalement la même : pour un van ou un camping-car, il faut une offre « nomade » ou « roam » (suivant le nom du moment), pas une offre fixe.

En gros, vous avez :

  • Un kit matériel : l’antenne (le fameux « Dishy »), un pied, un câble, et un routeur Wi-Fi.
  • Un abonnement mensuel : à vérifier sur le site officiel, car les tarifs évoluent, mais on tourne en Europe autour d’un gros forfait Internet (sans limite de volume pratique pour un usage normal).

Pour un usage nomade terrestre (sans bateau), le kit standard fait parfaitement l’affaire. Le matériel est pensé pour être assez plug-and-play : on branche, on pose dehors avec vue dégagée sur le ciel, et c’est parti.

La question suivante, celle qui fâche parfois : comment installe-t-on ça proprement dans un van sans transformer le toit en gruyère ?

Installation dans un van : fixe sur le toit ou nomade ?

Il existe deux grandes écoles : les adeptes de l’antenne fixe sur le toit, et ceux qui gardent un montage amovible, qu’ils sortent au besoin.

Montage fixe sur le toit

C’est la solution la plus « propre » visuellement et la plus rapide au quotidien.

En pratique, on voit surtout trois approches :

  • Support spécial Starlink : il existe des supports dédiés pour fixer l’antenne sur le toit, parfois sur un porte-bagage ou un rail déjà en place.
  • Montage sur platine ou galerie : sur une galerie de toit, un panneau alu ou un porte-accessoires.
  • Montage sur mât rabattable : plus rare, mais pratique pour relever l’antenne quand on est stationné et la coucher en roulant.

Avantages :

  • Installation permanente, rien à sortir ou ranger à chaque arrêt.
  • Câbles passés une bonne fois pour toutes (via un passe-toit étanche).
  • Faible risque de vol : l’antenne est fixée et parfois difficilement accessible.

Inconvénients :

  • Perte de flexibilité : si vous êtes garé sous des arbres, l’antenne ne peut pas « se déplacer » pour trouver une vue dégagée.
  • Nécessite un trou dans le toit pour passer le câble (ou une adaptation via un passage existant).
  • Hauteur supplémentaire à prendre en compte pour les barres, tunnels, etc.

Personnellement, j’ai longtemps hésité avant de faire un trou dans le toit. J’ai finalement opté pour un passe-toit étanche type panneau solaire, avec du Sikaflex bien généreux. Deux ans plus tard, ça n’a pas bougé.

Montage amovible, antenne « nomade »

Ici, l’idée est simple : l’antenne reste rangée (souvent dans une soute ou sous un lit), et on la sort quand on a besoin d’Internet. On la pose :

  • Au sol, un peu à l’écart du véhicule.
  • Sur un trépied photo ou un pied antenne.
  • Sur le toit, simplement posée si c’est plat et non roulant.

Avantages :

  • Ultra flexible : vous pouvez contourner les arbres, les bâtiments, les camping-cars voisins.
  • Pas besoin de percer le toit (le câble peut entrer par une fenêtre ou une porte latérale quand l’antenne est utilisée).
  • Installation totalement réversible si vous changez de véhicule.

Inconvénients :

  • Il faut monter/démonter : c’est vite lassant si vous bougez tous les jours.
  • Risque de vol un peu plus élevé si l’antenne reste au sol sans surveillance.
  • Câble à faire courir jusqu’au routeur à chaque fois.

Pour un premier essai, je recommande souvent le montage amovible. Ça permet de tester votre usage, voir si vous utilisez vraiment Starlink au quotidien, et décider ensuite si ça vaut le coup de passer à une installation fixe.

Branchement électrique : Starlink, 230V ou 12V ?

Côté alimentation, c’est là que beaucoup de vanlifers se posent des questions.

Le kit Starlink standard est prévu pour être branché sur le 230V. Dans un van, on a généralement du 12V à partir des batteries cellule. Il faut donc :

  • Soit utiliser un convertisseur 12V → 230V (onduleur).
  • Soit adapter le système pour alimenter Starlink directement en 12V avec un kit spécifique (ou bricolage bien maîtrisé).

La solution la plus simple pour 90 % des gens : un convertisseur pur sinus de bonne qualité, d’au moins 300W, sur lequel vous branchez le routeur Starlink.

Astuce vécue : évitez les petits convertisseurs bas de gamme « pseudo sinus ». Certains font redémarrer l’antenne régulièrement ou créent des micro-coupures, ce qui vous transforme une visio en concert de robots hachés.

Combien consomme vraiment Starlink dans un van ?

C’est LA grande question quand on vit sur batteries.

Les chiffres varient un peu selon les versions d’antenne, la température, la charge réseau… mais globalement, en conditions réelles, on observe :

  • Consommation moyenne : entre 40W et 70W en fonctionnement normal.
  • Pointe au démarrage : parfois jusqu’à 100W+ pendant quelques minutes, le temps que l’antenne se calibre.

Si on fait une moyenne à 60W, sur une heure, Starlink consomme donc environ :

  • 60 Wh (watt-heure) par heure de fonctionnement.

En une journée de travail « classique » :

  • 8 heures de Starlink : 8 × 60W = 480 Wh.

Sur une batterie de 12V – 200 Ah (soit environ 2400 Wh utiles si lithium, un peu moins si AGM) :

  • Starlink représente à lui seul environ 20 % de votre réserve, sans compter le frigo, l’éclairage, les ordis, etc.

Autant dire que si vous bossez tous les jours en hiver, sans beaucoup de soleil, il faudra :

  • Soigner votre dimensionnement panneaux solaires (ou accepter de rouler un peu pour recharger).
  • Limiter l’usage de Starlink aux périodes où vous en avez vraiment besoin.

De mon côté, en combinant :

  • 2 panneaux solaires de 200W chacun,
  • Une batterie lithium de 200 Ah,
  • Et une bonne gestion des usages,

j’arrive à télétravailler correctement, même en hiver, à condition de ne pas multiplier les appareils énergivores (bouilloire électrique, chauffage électrique, etc.).

Faut-il laisser Starlink allumé en permanence ?

Pour la vie en van, ma réponse est clairement non, sauf si votre installation électrique est surdimensionnée.

Quelques bonnes pratiques :

  • Allumer Starlink à la demande : visio, session de travail, téléchargement de cartes, mises à jour, etc.
  • Couper dès que vous n’en avez plus l’usage : la nuit, en rando, en balade.
  • Éviter les gadgets : surveiller vos appareils connectés qui pompent de la data et forcent l’antenne à travailler (TV allumée en permanence, téléchargements en fond, etc.).

La phase de démarrage consomme un peu plus, mais au global, vous gagnerez beaucoup d’énergie en coupant régulièrement.

Qualité de la connexion : débit, ping, stabilité

Côté performances, Starlink est souvent bluffant pour une solution nomade par satellite.

Sur mes trajets en Europe, j’ai généralement observé :

  • Débit descendant (download) : souvent entre 50 et 200 Mbps.
  • Débit montant (upload) : autour de 10 à 30 Mbps, ce qui est largement suffisant pour la visio et l’upload de vidéos.
  • Latence (ping) : autour de 40 à 60 ms, bien meilleur que les satellites géostationnaires classiques.

En pratique, ça permet :

  • Des visios Zoom/Teams fluides, même à plusieurs.
  • Du streaming Netflix/YouTube en HD sans souci.
  • Du télétravail sérieux : outils métiers, VPN, bureaux à distance, etc.

La qualité dépend fortement :

  • De la vue dégagée : un gros sapin dans l’axe, et vous aurez des micro-coupures.
  • Du nombre d’utilisateurs dans la zone : certains spots très fréquentés (parkings de ski, événements) peuvent être un peu saturés.

En Espagne, au milieu de nulle part, sur un plateau désertique où même la 3G hésitait, j’ai fait une visio d’une heure avec un client. Lui me croyait au bureau. Ça résume assez bien le potentiel.

Les limites à garder en tête

Starlink n’est pas magique, surtout en van :

  • Les arbres restent vos ennemis : forêts denses, petits coins de paradis bien boisés = parfois micro-coupures fréquentes.
  • Les orages violents ou la neige intense peuvent temporairement dégrader la connexion.
  • La consommation électrique impose une vraie discipline si vous êtes en autonomie complète.
  • Le prix de l’abonnement : ça reste un budget mensuel à intégrer à la vie nomade.

Certains choisissent de n’activer l’abonnement Starlink que sur les mois où ils voyagent ou travaillent vraiment sur la route, et de le mettre en pause ou de résilier entre deux. À vérifier au moment où vous lisez ces lignes : les conditions d’activation/pauses peuvent évoluer.

Starlink vs 4G/5G : complément ou remplacement ?

À mon sens, Starlink ne remplace pas totalement la 4G/5G. C’est plutôt un complément très puissant.

En pratique, ma stratégie est :

  • Utiliser la 4G/5G quand elle est bonne (ville, zones bien couvertes, pays où la data est peu chère).
  • Basculer sur Starlink quand je suis hors des clous : montagne, désert, zones rurales, pays où l’itinérance 4G explose le budget.

En combinant les deux, on a presque toujours une solution vraiment confortable. Dans beaucoup de situations, mon routeur 4G suffit pour les usages légers, et j’économise Starlink pour les grosses journées de travail.

Retour d’expérience : ce que ça change vraiment au quotidien

Starlink, au-delà de la technique, change beaucoup de choses dans la façon de voyager :

  • Moins de stress pour le travail : fini les nuits à chercher « spot avec bon réseau » sur les applis, à tester trois parkings avant de trouver une barre de 4G potable.
  • Plus de liberté dans les choix de bivouac : on peut privilégier le beau spot plutôt que le spot « avec réseau ».
  • Confort pour la famille : les ados (ou les grands enfants) peuvent streamer, jouer, discuter avec les copains sans trop se poser de questions.

Mais il y a aussi un effet pervers possible : celui de rester « trop connecté ». Quand Internet devient partout aussi bon que chez soi, la frontière entre vie nomade et vie sédentaire peut se brouiller. Certains jours, j’ai dû me faire violence pour couper le Wi-Fi, poser le PC et simplement profiter du coucher de soleil sur les falaises… La bonne vieille déconnexion volontaire reste à cultiver.

Faut-il investir dans Starlink pour son van ? Mon avis

Si je devais résumer :

  • Indispensable si vous :
    • Télétravaillez régulièrement depuis votre camping-car ou van,
    • Passer beaucoup de temps en zones peu couvertes,
    • Avez besoin d’une connexion fiable pour votre activité (freelance, créateur de contenu, etc.).
  • Très confortable mais pas vital si vous :
    • Voyagez surtout pour le loisir,
    • Vous contentez généralement de la 4G pour un peu de streaming et quelques mails,
    • Avez un budget plus serré.

Pour ma part, Starlink a clairement changé ma façon de voyager et de travailler. J’accepte son coût financier et énergétique comme un outil de travail, au même titre que mon ordinateur ou mes panneaux solaires. Mais je sais aussi le couper quand le feu de camp crépite, que les étoiles sont là, et que la meilleure connexion du monde… c’est juste le silence autour du van.

Si vous hésitez encore, mon conseil d’ami : commencez simple. Kit standard, installation amovible, usage ponctuel. Notez pendant quelques semaines :

  • À quelle fréquence vous l’utilisez réellement,
  • Dans quelles situations il vous sauve vraiment la mise,
  • Quel impact il a sur votre consommation électrique.

Ensuite seulement, décidez si cela mérite un montage fixe, un abonnement à l’année, ou si finalement votre bonne vieille 4G fait déjà très bien le job.

Et si vous croisez, quelque part entre un col perdu et une plage au bout du monde, un van blanc avec une antenne qui regarde le ciel en biais et un type en visio devant un paysage de carte postale… il y a de grandes chances que ce soit moi, connecté aux étoiles, mais toujours le cœur sur la route.