Les amis du campingcar et du van

Ecosse en van : itinéraires, spots sauvages et particularités de la conduite locale

Ecosse en van : itinéraires, spots sauvages et particularités de la conduite locale

Ecosse en van : itinéraires, spots sauvages et particularités de la conduite locale

Il y a des pays qui semblent avoir été dessinés pour les voyageurs en van. L’Écosse fait clairement partie de ceux-là. Des routes qui ondulent entre lochs et montagnes, des plages au sable blanc (oui, en Écosse !) et cette sensation grisante de pouvoir s’arrêter presque n’importe où pour la nuit, avec le vent qui secoue doucement la carrosserie. Si vous rêvez d’un road trip sauvage, brut et un poil foutraque, préparez le plaid : on part en Écosse.

Pourquoi l’Écosse est un paradis pour les voyageurs en van

L’Écosse, ce n’est pas seulement des châteaux embrumés et des cornemuses. Pour nous autres camping-caristes et vanlifers, c’est surtout :

Ce cocktail fait de l’Écosse une destination idéale, à condition de comprendre deux ou trois spécificités locales, surtout côté conduite et bivouac. On va y venir. Mais d’abord, traçons la route.

Quand partir en Écosse en van ?

On me demande souvent : “C’est quand le meilleur moment ?”. La réponse honnête, c’est “ça dépend de votre degré de tolérance à la pluie… et aux midges”.

Les grandes lignes :

Dans tous les cas, oubliez la recherche du “beau temps garanti”. En Écosse, on peut avoir les quatre saisons dans la même journée. En van, ça tombe bien : on a toujours un plan B sous la main.

Itinéraire phare : la North Coast 500 (NC500)

Difficile de parler d’Écosse en van sans évoquer la NC500, cette boucle d’environ 500 miles qui fait le tour du nord des Highlands. C’est un peu l’autoroute du spectacle : à chaque virage, un “wahou” potentiel.

Point de départ classique : Inverness. De là, on peut tourner dans le sens des aiguilles d’une montre ou l’inverse. Je préfère souvent commencer par la côte Est, un peu plus douce, pour monter progressivement en intensité.

Quelques tronçons à ne pas rater :

En van, ne cherchez pas à “faire la NC500” en 3 jours, sauf si vous aimez passer vos journées derrière le volant. Prévoir au minimum 7 jours, 10 à 12 si vous aimez prendre le temps de marcher, flâner, discuter avec un pêcheur au port… et vous perdre un peu.

Attention également : la NC500 est victime de son succès. En haute saison, certains villages sont saturés, et les habitants commencent à fatiguer de voir des vans se garer n’importe où. On en reparle plus bas, mais retenez l’idée : mieux vaut s’éloigner parfois de 20 km de l’itinéraire “officiel” pour retrouver calme et authenticité.

Highlands, île de Skye et côte Ouest : un road trip plus sauvage

Si l’idée de suivre un itinéraire balisé vous hérisse un peu le poil, vous pouvez composer votre propre boucle dans les Highlands et sur la côte Ouest.

Un exemple d’enchaînement que j’affectionne :

L’idée, dans cette région, c’est de jongler avec la météo. Si Skye est noyée dans le brouillard, partez vers l’Est ou le Sud. L’Écosse récompense ceux qui restent flexibles : votre van est votre meilleur joker.

Spots sauvages : bivouac, légalité et bon sens

Question sensible mais incontournable : peut-on dormir “sauvage” en Écosse avec un van ou un camping-car ?

On lit souvent que le bivouac est autorisé partout grâce au “Right to Roam”. Ce n’est pas tout à fait exact. Ce droit s’applique principalement aux piétons (randonneurs, cyclistes…), pas explicitement aux véhicules motorisés. Pour nous, la règle d’or, c’est : respect et discrétion.

Quelques principes à suivre pour profiter de super spots sans fâcher les locaux :

Vous trouverez plein de spots en utilisant des applis comme Park4Night ou des groupes Facebook de voyageurs. Mais n’oubliez pas : si un lieu est saturé de vans, c’est peut-être le moment de tenter la petite route parallèle, ou d’accepter un camping pour une nuit. L’Écosse offre encore bien assez de recoins sauvages pour qui sait s’éloigner un peu.

Petite anecdote : une nuit, sur un parking en surplomb d’un loch, un local est venu frapper à ma porte. J’ai cru à l’engueulade. En réalité, il venait juste vérifier que j’avais tout ce qu’il fallait et m’a conseillé un meilleur spot à 5 km, “moins venteux et avec une plus belle vue au lever du soleil”. Comme quoi, la bienveillance marche dans les deux sens.

Conduire en Écosse : particularités et pièges à éviter

On ne va pas se mentir : la première fois que l’on pose les roues du van à gauche, on est un peu crispé. Mais en Écosse, la conduite devient vite un plaisir, à condition de respecter quelques codes locaux.

1. Conduite à gauche, volant à droite… ou pas

Si vous montez avec votre propre van/camping-car français, vous aurez le volant à gauche, sur des routes à gauche. C’est déroutant les premiers kilomètres, surtout pour juger les distances côté fossé, mais on s’y fait rapidement.

2. Single tracks et passing places

La grande spécificité écossaise, ce sont les single track roads : des routes tellement étroites qu’une seule voiture passe. Dispersés tout du long, des passing places (petites aires élargies) permettent de se croiser.

Avec un van, les single tracks sont jouissives. Avec un gros camping-car, elles peuvent rapidement devenir stressantes. À vous d’adapter vos itinéraires : certains cols sont clairement déconseillés aux grands gabarits.

3. Limitations de vitesse et radars

Les limitations sont indiquées en miles/heure. Sur route, beaucoup de tronçons sont officiellement à 60 mph (environ 96 km/h). En pratique, avec un van ou un camping-car, vous roulerez souvent à 40–50 mph, surtout sur les routes secondaires. Et c’est très bien comme ça.

4. Animaux, météo et fatigue

Vous croiserez très probablement des moutons, des vaches, parfois des cerfs, sur ou au bord de la route. La règle : conduire “en mode alerte douce”. On garde de la marge, surtout de nuit et à l’aube.

Côté météo, pluie fine, brume épaisse, rafales de vent peuvent transformer une route facile en petit défi. N’ayez aucun scrupule à vous arrêter plus tôt que prévu si le vent devient violent, surtout près des falaises ou sur les ponts exposés.

Et puis, n’oubliez pas : en Écosse, le paysage est un spectacle permanent. On s’offre des pauses. On s’arrête pour un café au bord d’un loch plutôt que de rouler jusqu’à l’épuisement.

Carburant, eau, gaz et vie quotidienne en van

La logistique, ce n’est pas ce qui fait rêver sur Instagram, mais en Écosse, mieux vaut l’anticiper un minimum.

Carburant :

Eau et vidanges :

Gaz et électricité :

Midges, pubs et petites habitudes locales

On ne peut pas parler d’Écosse sans aborder deux institutions : les pubs et… les midges.

Les midges sont de minuscules moucherons qui attaquent en nuées, principalement de juin à août, quand l’air est humide et le vent tombé. Leur piqûre gratte bien et peut vous gâcher un coucher de soleil si vous n’êtes pas préparé.

Côté pubs, ils font partie intégrante du voyage. C’est là que vous croiserez des locaux, goûterez des bières artisanales et, si le cœur (et le foie) vous en dit, quelques whiskys.

Une liberté qui se mérite… et se respecte

Rouler en van en Écosse, c’est accepter l’imprévu : un col fermé par le brouillard, un ferry annulé, un troupeau de moutons qui bloque la route. Mais c’est aussi s’ouvrir à des moments suspendus, comme ce repas improvisé sur un parking de fortune, face à un loch parfaitement lisse, avec juste le cri lointain d’un oiseau de mer.

La liberté qu’offre l’Écosse aux voyageurs en van reste aujourd’hui assez unique en Europe, mais elle repose sur une confiance fragile entre locaux et nomades de passage. À nous de montrer qu’on peut aimer un endroit sans le consumer, le photographier sans le transformer en parc d’attractions, l’habiter quelques heures sans le marquer de notre présence.

Si vous avez ce mélange de curiosité, de respect et d’envie de rouler sans savoir exactement où vous serez le soir même, alors l’Écosse en van risque de vous coller longtemps à la peau. Et qui sait, un soir, au détour d’une single track, on se croisera peut-être, phares allumés, sur une passing place balayée par le vent. Dans ce cas, petit signe de main obligatoire.

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