Le Danemark en camping car : itinéraire conseillé, aires et conseils pratiques pour voyager sereinement au Danemark

Danemark camping car : itinéraire conseillé, aires et conseils pratiques pour voyager sereinement

Le Danemark, on y pense pour ses maisons colorées, ses vélos, la petite sirène de Copenhague… mais en camping-car, c’est un autre monde qui s’ouvre : ponts majestueux, petites îles ventées, plages immenses, villages de pêcheurs et ambiance hygge à chaque coin de rue. Un pays à taille humaine, parfaitement adapté à nos maisons roulantes, où l’on peut avaler des kilomètres sans stress et s’offrir des bivouacs face à la mer du Nord ou à la Baltique.

Dans cet article, je te propose un itinéraire type pour un premier voyage au Danemark en camping-car, des idées d’aires où poser les roues, et une bonne dose de conseils pratiques pour partir l’esprit léger.

Pourquoi le Danemark est un paradis pour le camping-car

Le Danemark, c’est un peu comme la version “soft” des grands pays nordiques. On y retrouve :

  • des routes en excellent état, peu stressantes
  • une culture très camping-car friendly
  • des distances raisonnables entre chaque étape
  • un sentiment de sécurité très appréciable

J’y ai retrouvé cette sensation rare : pouvoir rouler sans se demander où l’on va dormir le soir. Les aires sont nombreuses, bien pensées, souvent dans de jolis cadres. On se prend vite au jeu d’improviser au gré de la météo, du vent, ou d’une plage qui nous fait de l’œil.

Le seul vrai piège ? Sous-estimer le temps et se retrouver à faire un marathon de ponts et d’îles sans avoir le temps de s’imprégner de ce fameux “hygge”, cette douceur de vivre danoise qu’on ressent dès qu’on ralentit un peu.

Quand partir et combien de temps rester

Pour un premier voyage en camping-car au Danemark, la meilleure période s’étend de mai à septembre. Juillet-août offrent les plus longues journées et la vie en extérieur bat son plein, mais aussi plus de monde sur les spots les plus connus. Mai, juin et début septembre sont de vrais bons plans pour profiter d’un pays plus calme.

Côté durée, je conseille :

  • 10 jours : un bon aperçu avec un grand classique “Jutland + Fionie + Copenhague”
  • 15 jours : le rythme idéal pour flâner, se perdre sur des îles et ne pas passer son temps à rouler
  • 3 semaines et plus : là, on commence à explorer les coins plus sauvages, les petites îles moins touristiques, et on passe en mode slow travel total

En dessous de 10 jours, c’est jouable si tu es dans le nord de l’Allemagne, mais si tu viens de plus loin en France, tu risques de passer plus de temps sur l’autoroute que sous le ciel danois.

Itinéraire conseillé de 10 à 15 jours en camping-car

Cet itinéraire est pensé pour un premier voyage, au départ de la frontière allemande, avec une boucle qui te fera découvrir les grands classiques sans te transformer en pilote de rallye.

Étape 1 : Entrée par le Jutland du Sud – Ribe et la mer des Wadden

En arrivant du nord de l’Allemagne, tu peux rallier facilement le sud du Jutland. Direction Ribe, la plus ancienne ville du Danemark, avec son centre historique charmant, ses maisons à colombages et ses rues pavées qui donnent l’impression de voyager dans le temps.

  • Balade à pied dans le centre ancien
  • Visite de la cathédrale et montée au clocher pour la vue sur les toits
  • Excursion dans le parc national de la mer des Wadden (oiseaux, marées, lumière incroyable)

Une bonne mise en bouche, déjà très dépaysante, sans trop d’heures de route dans les pattes.

Étape 2 : Côte ouest du Jutland – Dunes, vent et grandes plages

En remontant la côte ouest, on change de décor : dunes, mer du Nord, villages de vacances et stations balnéaires au parfum rétro. C’est un paradis pour ceux qui aiment les grandes balades sur la plage, le cerf-volant, et les couchers de soleil qui n’en finissent pas.

  • Région de Hvide Sande : ambiance très “océan”, pistes cyclables, pêche, sports nautiques
  • Thorsminde ou Søndervig : parfaits pour une nuit à proximité de la mer
  • Nombreuses aires et campings bien aménagés le long de la côte

Ici, j’aime bien me poser deux nuits au même endroit, sortir les chaises, laisser le vent décoiffer et prendre le temps de vivre.

Étape 3 : Remontée vers le nord – Skagen et les deux mers qui se rencontrent

Plus on monte, plus la lumière se fait particulière. Au bout du Jutland, le village de Skagen a une atmosphère à part, avec ses maisons jaunes aux toits rouges et ses galeries d’art. À quelques kilomètres, à Grenen, tu peux marcher jusqu’à la pointe où la mer du Nord et la Baltique se rencontrent. Les vagues se croisent sous tes yeux, c’est un spectacle hypnotisant.

  • Balade à Grenen (prévoir des chaussures qui ne craignent pas l’eau)
  • Découverte des dunes mouvantes de Råbjerg Mile
  • Aires et campings autour de Skagen, certains en pleine nature, d’autres plus proches des services

Étape 4 : Descente vers l’est – Aalborg, fjords et passage vers Fionie

En redescendant, tu peux faire halte dans la région d’Aalborg, agréable ville de taille moyenne avec un centre vivant et un front de mer rénové. Les fjords de l’est du Jutland offrent des ambiances plus calmes, parfaites pour une étape carburant / courses / balade.

Ensuite, cap au sud-est pour rejoindre le grand pont qui t’emmènera sur l’île de Fionie, le fameux Storebælt. On en reparle plus bas dans la partie budget, mais autant le dire tout de suite : c’est un péage qui pique un peu, mais quel spectacle !

Étape 5 : Fionie – Odense et campagne danoise

L’île de Fionie, c’est le cœur vert du Danemark. C’est ici qu’est né Hans Christian Andersen, à Odense. La ville mérite une belle halte :

  • Centre piétonnier agréable, musées dédiés à Andersen
  • Pistes cyclables pour quitter la ville et découvrir la campagne environnante
  • Jolis villages et manoirs disséminés un peu partout sur l’île

C’est aussi l’occasion de se reposer un peu de la route, de faire une vraie journée “terre ferme” entre deux ponts et deux côtes.

Étape 6 : Cap sur la Zélande – Copenhague en camping-car

Deuxième grand pont au programme, celui du Storebælt si tu viens du Jutland, ou simplement la liaison entre Fionie et la Zélande. Te voilà sur l’île qui abrite Copenhague, la capitale. Bonne nouvelle : on peut tout à fait visiter Copenhague en ayant posé le camping-car en dehors de la ville, grâce aux parkings relais, aux bus et au train.

  • Option pratique : se poser dans un camping ou une aire dans la périphérie et rejoindre la ville en transport en commun
  • À voir en priorité : Nyhavn et ses maisons colorées, Christiania, le quartier de Vesterbro, la petite sirène pour le cliché assumé
  • Déplacements dans la ville : à pied, en bus ou à vélo (facile à louer sur place)

Étape 7 : Retour par la côte sud de la Zélande et éventuellement la Fionie

Si tu as 10 jours, il faudra commencer à redescendre vers l’Allemagne. Par la côte sud de la Zélande, tu trouveras des petites stations balnéaires, des falaises, des ports de plaisance et de jolis coins pour une dernière nuit face à la mer.

Avec 15 jours ou plus, tu peux :

  • Explorer davantage la côte sud et ses petites îles (Møn et ses falaises, par exemple)
  • Remonter tranquillement par Fionie, avec des détours dans les villages côtiers
  • Te garder une ou deux nuits “joker” pour t’arrêter là où le feeling est bon

Aires de services et bivouac au Danemark

Le Danemark est très bien équipé pour accueillir camping-cars et vans. Tu trouveras :

  • Aires de services dédiées : vidange, eau, parfois électricité, souvent payantes mais bien entretenues
  • Campings classiques : très nombreux, avec un excellent niveau d’équipement (cuisines communes, salles communes abritées, parfois jeux pour enfants, plages…)
  • Parkings autorisés à la nuitée : souvent près des ports, de certaines plages ou en bord de fjord

Contrairement à certains pays, le bivouac sauvage n’est pas officiellement autorisé partout. Toutefois, les Danois sont assez tolérants tant qu’on :

  • respecte la nature et les riverains
  • ne sort pas tout le salon de jardin au milieu d’un parking
  • reste discret et propre, sans laisser de trace

Mon conseil : alterner entre campings/aires (pour les services, les douches, la lessive) et nuits plus sauvages quand tu trouves un spot qui t’inspire. Le pays s’y prête très bien, et le réseau est suffisamment dense pour ne jamais se retrouver coincé.

Conduite, routes et particularités locales

Conduire au Danemark en camping-car est plutôt reposant. Quelques points à avoir en tête :

  • Vitesse : 80 km/h sur route, 110 ou 130 km/h sur autoroute selon les sections (vérifie les panneaux), et 50 km/h en agglomération
  • Routes : en excellent état, souvent assez droites et fluide ; on est loin des routes de montagne corses…
  • Vélos : très présents, particulièrement en ville. Redouble de vigilance aux intersections et en tournant, ils ont souvent la priorité sur les pistes cyclables.
  • Stationnement : bien indiqué, zones pour camping-cars de plus en plus fréquentes, notamment sur les parkings de plage et de port
  • Alcool : tolérance très faible au volant, comme dans tous les pays nordiques. On laisse la bière pour le soir, à l’étape.

La seule chose qui surprend parfois, ce sont les ponts, longs et exposés au vent. En camping-car, on sent bien les rafales, mais tout est prévu pour la sécurité : limitations de vitesse, barrières coupe-vent, signalisation claire. On ralentit, on tient le volant et on profite du paysage sans jouer au héros.

Budget, ponts et frais à prévoir

Le Danemark n’est pas le pays le moins cher d’Europe, mais il y a moyen de maîtriser son budget en camping-car. Les grandes lignes :

  • Carburant : un peu plus cher qu’en France, prévois le coup sur un long trajet
  • Nuitées : campings bien équipés mais souvent au-dessus des tarifs français, aires plus abordables, spots gratuits ou peu chers possibles selon les régions
  • Ponts : c’est là que la note peut grimper rapidement

Les deux grands ponts à connaître :

  • Storebælt (entre Fionie et Zélande) : péage pour traverser, tarif selon la longueur et la hauteur du véhicule
  • Øresund (entre Copenhague et Malmö, en Suède) : péage également, plus cher, mais possibilité de billets combinés ou de réductions selon la période

Vérifie les tarifs à jour avant de partir, et pose-toi la question : as-tu besoin de faire l’aller-retour sur ces ponts ou peux-tu concevoir une boucle plus simple ? Parfois, une nuit de plus dans un coin agréable compense largement le coût d’un deuxième passage.

Côté vie quotidienne, les supermarchés type Netto, Rema 1000, Fakta permettent de faire des courses à des prix plus raisonnables que dans les petites boutiques touristiques. Autant profiter de notre frigo embarqué pour éviter de manger au restaurant tous les jours.

Conseils pratiques pour voyager sereinement

Pour profiter pleinement du Danemark en camping-car, quelques réflexes font la différence :

  • Anticiper la météo : le vent et la pluie peuvent changer la donne en bord de mer. Prévois une alternative “repli” à l’intérieur des terres si un coup de vent est annoncé.
  • Prévoir des vêtements en couches : le fameux oignon nordique. T-shirt, polaire, coupe-vent imperméable : la base.
  • Utiliser des applis dédiées pour trouver des aires, campings et spots tolérés. Le réseau danois est bien renseigné et mis à jour.
  • Adopter le rythme local : les Danois dînent tôt, vivent beaucoup dehors dès que le soleil pointe le bout de son nez. Profite des longues soirées pour te balader, plutôt que de filer d’étape en étape.
  • Respecter les zones naturelles protégées : certaines dunes, plages ou forêts sont très sensibles. On se gare là où c’est autorisé, on ne laisse rien derrière soi.

Un petit truc qui change tout : garder un ou deux jours “tampon” dans ton itinéraire. Ça permet de rester plus longtemps sur un coup de cœur, de gérer une journée entière sous la pluie sans frustration, ou de t’offrir une étape imprévue sur une petite île ou dans un village qui t’a tapé dans l’œil.

Quelques idées d’étapes coup de cœur

Dans ce pays aux airs sages, j’ai eu quelques vrais “waouh” de camping-cariste :

  • Un soir de vent sur la côte ouest du Jutland : rangée de camping-cars face à la mer, chacun dans son cocon. Dehors, le vent qui siffle, dedans, une lumière douce, un livre, un thé fumant. C’est ça aussi, la liberté sur quatre roues.
  • Un réveil à Skagen : lumière dorée sur les maisons jaunes, odeur de café et de mer. Balade à pied jusqu’à la pointe, chaussures à la main, les deux mers qui se croisent au bout du chemin.
  • Une soirée à Copenhague sans le stress de la ville : camping-car posé au calme, train pour le centre, retour de nuit dans un véhicule immobile et silencieux, la ville encore dans la tête mais les étoiles au-dessus du toit.
  • Une halte improvisée sur Fionie : village tombé un peu au hasard, petit port, quelques barques, une aire simple mais charmante. Ces endroits qu’on ne trouve jamais sur les brochures, mais dont on se souvient longtemps.

Le Danemark en camping-car, ce n’est pas le voyage le plus spectaculaire que tu feras peut-être dans ta vie, mais c’est un de ceux où tu te sentiras le plus bien : routes fluides, gens souriants, spots de nuit apaisants, et ce mélange unique de mer, de lumière et de douceur de vivre.

Si tu cherches une destination où tu peux partir sans angoisse, avec des enfants, un chien, un vieux fourgon ou un camping-car flambant neuf, le Danemark coche beaucoup de cases. Tu peux y goûter à la grande route du nord, sans forcément pousser jusqu’aux fjords norvégiens ou aux immensités finlandaises.

Et puis, entre nous, il y a quelque chose de très agréable à se dire qu’on peut s’arrêter presque n’importe où, ouvrir la porte du camping-car, respirer à pleins poumons et se dire : “Oui, ici, ça ira très bien pour ce soir.”