Camping-car aux Pays-Bas : arrêter de confondre Pays-Bas et Hollande
Si tu prépares un road-trip en camping-car aux Pays-Bas, il y a fort à parier que tu aies déjà tapé “camping car Hollande” dans ton moteur de recherche. Rassure-toi, on l’a tous fait. Mais derrière ce petit abus de langage se cachent des nuances géographiques… et quelques clés pour mieux organiser ton voyage.
Un jour, sur une aire près de Zwolle, un voisin de bivouac m’a lancé : “Alors, vous aimez la Hollande ?”. Je lui ai répondu : “Oui, mais je crois que je dors en Overijssel, là, non ?”. Il a éclaté de rire, et on a passé la soirée à refaire la carte du pays autour d’une bière locale. Et tu sais quoi ? Ça m’a donné envie d’écrire ces lignes.
Ici, on va démêler ensemble la différence entre Pays-Bas et Hollande, voir ce que ça change pour un voyage en camping-car, et surtout comment en profiter pour sortir des sentiers battus, au-delà des clichés tulipes-moulins-fromages.
La différence entre Pays-Bas et Hollande, enfin expliquée simplement
Commençons par le début :
- Les Pays-Bas = le pays tout entier (12 provinces).
- La Hollande = seulement deux provinces de ce pays : la Hollande-Septentrionale (Nord-Holland) et la Hollande-Méridionale (Zuid-Holland).
Donc, quand on dit “partir en camping-car en Hollande”, on parle en réalité d’une partie des Pays-Bas, celle où se trouvent :
- Amsterdam
- Rotterdam
- La Haye
- Haarlem
- Delft
C’est un peu comme si un touriste étranger disait : “Je vais en Provence” en parlant de toute la France. On comprend l’idée, mais ce n’est pas tout à fait exact, et surtout, ça invisibilise des régions magnifiques.
Pour ton voyage en camping-car, cette nuance est importante, car :
- Tu éviteras de tout concentrer sur le même secteur touristique (et très fréquenté).
- Tu découvriras d’autres provinces moins connues, parfois plus accueillantes pour les camping-cars.
- Tu planifieras mieux tes étapes, plutôt que de foncer tête baissée vers Amsterdam et sa périphérie.
La Hollande : la carte postale… et la foule
Commençons par la fameuse “Hollande”, puisque c’est souvent là que l’on veut aller en premier en camping-car.
Tu y trouveras :
- Amsterdam : canaux, musées, ambiance unique… et trafic dense.
- Rotterdam : architecture moderne, port géant, esprit urbain.
- La Haye : institutions internationales, plages toutes proches (Scheveningen).
- Les champs de tulipes (autour de Lisse, Keukenhof) au printemps.
- Les moulins de Kinderdijk, image d’Épinal du pays.
Côté camping-car, la Hollande, c’est un peu le pays des paradoxes :
- Excellente infrastructure routière.
- Mais zones urbaines denses, parkings parfois chers et réglementations serrées.
- Beaucoup de campings et d’aires, mais très fréquentées en haute saison.
Un soir de mai, j’ai voulu improviser un bivouac “sympa” à moins de 20 km d’Amsterdam, un peu naïvement. Résultat : parkings saturés, interdictions de stationner la nuit, barrières de hauteur… J’ai fini par me poser dans un petit camping à la ferme que je n’avais pas prévu au départ – et c’est finalement devenu une de mes plus belles soirées, autour d’un feu de bois avec d’autres camping-caristes allemands et hollandais.
Morale : en Hollande, on profite, mais on anticipe. Et on ne se limite pas à cette seule région.
Les autres provinces des Pays-Bas : le paradis discret des camping-caristes
Les Pays-Bas ne se résument pas à la Hollande. Et en camping-car, ce sont souvent les “autres” provinces qui offrent le plus de liberté et de tranquillité. Quelques exemples :
Frise : vent, mer et liberté
Au nord, la Frise (Friesland) est un terrain de jeu fabuleux pour les camping-caristes :
- Immenses étendues vertes.
- Petites villes posées le long des canaux (Sneek, Leeuwarden, Dokkum).
- Accès facile à la mer des Wadden et aux îles (Ameland, Terschelling – via ferry pour une excursion à la journée).
C’est aussi une région plus détendue côté stationnement. De nombreuses petites aires pour camping-cars se trouvent au bord de l’eau, souvent gérées par la commune ou le capitaine du port. Ambiance simple, efficace, sans chichi.
Gueldre, Overijssel : campagne, rivières et villages typiques
Vers l’est, la Gueldre (Gelderland) et l’Overijssel offrent un visage plus rural :
- Belles pistes cyclables à travers les forêts et les champs.
- Villages tranquilles, loin du tumulte touristique.
- De nombreux campings à la ferme (minicamping), parfaits pour une nuit calme.
Lors d’une étape près de Zutphen, je me suis réveillé avec le son des vaches et l’odeur de l’herbe fraîchement coupée. À 150 km d’Amsterdam, je n’étais plus dans la carte postale classique des Pays-Bas, mais dans un quotidien apaisant, idéal quand on voyage en maison roulante.
Zeeland : dunes, digues et mer à perte de vue
Au sud-ouest, la Zeeland (Zélande) est une autre pépite :
- Routes sur les digues, entourées de mer et d’estuaires.
- Plages immenses, souvent moins bondées que celles près de La Haye.
- Villages côtiers charmants comme Veere ou Zoutelande.
Pour les camping-caristes, c’est un beau compromis :
- De nombreux campings bien équipés.
- Quelques aires proches de la plage.
- Une ambiance très “vacances au grand air”.
En résumé : voyager “aux Pays-Bas” en camping-car, ce n’est pas seulement “aller en Hollande”. C’est explorer un patchwork de provinces, chacune avec sa personnalité. Et ça, ça change tout.
Règles et particularités pour voyager en camping-car aux Pays-Bas
Que tu restes en Hollande ou que tu sillones tout le pays, certaines règles et habitudes sont valables partout aux Pays-Bas.
Stationnement de nuit : pas n’importe où, mais rarement compliqué
Les Pays-Bas ne sont pas un pays de “vrai” camping sauvage comme on peut le pratiquer dans certains coins d’Europe. De manière générale :
- Le bivouac “sauvage” (en pleine nature, hors zones autorisées) est officiellement interdit.
- Les parkings urbains signalent souvent une interdiction de stationner la nuit ou des barrières de hauteur.
- En revanche, il existe beaucoup de campings, aires pour camping-cars et campings à la ferme.
L’astuce, c’est de :
- Prévoir un minimum ses étapes (surtout près de la côte et en Hollande).
- Utiliser des applications spécialisées (Park4Night, Campercontact) pour repérer les aires.
- Arriver avant la nuit, la plupart du temps, surtout en haute saison.
En dehors de la Hollande, on trouve plus de petites aires simples, souvent gérées par la commune ou le port de plaisance, où l’on se gare au bord d’un canal ou d’une marina. Ambiance tranquille, souvent pour un tarif raisonnable.
Réseau routier : facile… mais parfois étroit pour les gros gabarits
Les routes néerlandaises sont globalement un bonheur pour nous, gens du voyage sur quatre roues :
- Signalisation claire.
- Revêtement en bon état.
- Vitesse contrôlée (on ne joue pas les Fangio, et ce n’est pas plus mal).
En revanche, attention dans certains villages anciens ou dans les centres historiques :
- Rues très étroites.
- Ponts parfois limités en tonnage ou en hauteur.
- Beaucoup de cyclistes (partout, tout le temps, et souvent plus rapides que toi).
Mon conseil : éviter de viser le cœur des villes avec ton camping-car. Stationne en périphérie, sur une aire ou un P+R, et file au centre en vélo ou en transports en commun. C’est valable à Amsterdam, Rotterdam, mais aussi dans des villes plus petites comme Delft ou Leiden.
Climat et saisons : adapter ton itinéraire entre Hollande et autres provinces
Les Pays-Bas sont un pays de vent, de nuages qui filent et de lumière changeante. En camping-car, ça fait partie du charme… mais aussi des contraintes.
- Printemps (mars-mai) : période idéale pour la Hollande si tu veux voir les tulipes, mais aussi les foules. Prévois tes étapes à l’avance.
- Été (juin-août) : côte et Zélande très prisées, campings parfois complets. Les provinces de l’est (Overijssel, Gueldre) sont plus calmes.
- Automne : belles couleurs, moins de monde, météo changeante. Super pour un road-trip nature.
- Hiver : certains campings ferment, mais les grands axes restent praticables. Ambiance plus urbaine (visites de villes, musées).
Si tu veux éviter la foule et les prix qui flambent, pense à :
- Visiter la Hollande plutôt en demi-saison (avril hors vacances, septembre).
- Réserver un ou deux campings stratégiques autour d’Amsterdam/Keukenhof si tu y tiens.
- Garder des étapes plus “libres” dans les autres provinces, où la pression touristique est moins forte.
Itinéraire type : un voyage équilibré entre Hollande et Pays-Bas “cachés”
Pour te donner une idée concrète, voici un exemple de boucle en camping-car, qui prend justement en compte la différence Hollande / reste des Pays-Bas, sur une dizaine de jours.
- Jour 1-2 : Zélande – arrivée par la Belgique, installation en camping près de la mer, découverte des digues et des villages côtiers.
- Jour 3-4 : Hollande-Méridionale – Rotterdam, Kinderdijk, Delft. Stationnement sur une aire ou camping bien placé, visites en transports ou vélo.
- Jour 5-6 : Hollande-Septentrionale – Amsterdam, Haarlem, éventuellement Zaanse Schans (village de moulins). Idéalement, camping à l’extérieur de la ville, avec navette ou ferry.
- Jour 7 : Frise – remontée vers le nord, nuit au bord d’un canal ou d’un port de plaisance, ambiance plus sereine.
- Jour 8 : Gueldre ou Overijssel – étape “campagne”, balade à vélo, petit camping à la ferme.
- Jour 9-10 : retour par le sud – éventuellement un crochet par Maastricht (province du Limbourg) si tu as le temps.
Tu auras ainsi goûté à la fois à la fameuse “Hollande” et à des coins plus discrets, tout aussi intéressants pour un voyage en camping-car.
Quelques conseils pratiques pour un voyage réussi
Pour finir, quelques astuces qui m’ont souvent sauvé la mise ou rendu la vie plus douce sur les routes néerlandaises :
- Taille du véhicule : si ton camping-car est très long ou large, anticipe le trajet dans les vieux centres. Parfois, mieux vaut laisser le véhicule un peu plus loin et sortir les vélos.
- Vélo obligatoire (ou presque) : aux Pays-Bas, c’est ton meilleur allié. Pistes cyclables partout, respect des cyclistes, distances raisonnables.
- Paiement : beaucoup de parkings et automates n’acceptent que la carte bancaire (souvent Maestro/Mastercard, parfois sans espèces). Pense à avoir ta carte prête.
- Eau et vidanges : les aires sont généralement bien équipées. Dans les ports de plaisance, on peut souvent trouver des bornes ou services (parfois payants).
- Langue : tout le monde ou presque parle anglais, et souvent un peu d’allemand. Avec un sourire et trois mots de néerlandais, tu gagnes immédiatement des points de sympathie.
Et, peut-être le plus important : n’hésite pas à sortir des autoroutes. Les petites routes entre digues, polders et villages sont faites pour nous, les nomades sur pneus. C’est là que les Pays-Bas se dévoilent vraiment, bien au-delà de la seule “Hollande”.
En quittant ton dernier bivouac, tu pourras dire sans te tromper : “J’ai voyagé aux Pays-Bas… et pas seulement en Hollande.” Et surtout, tu repartiras avec ce mélange unique : le vent du large, les reflets sur les canaux, et la douce sensation d’avoir pris le temps de découvrir un pays à ta mesure, celle d’un camping-cariste curieux.
