Camping car en hollande : découvrir les moulins, les polders et les aires officielles

Camping car en hollande : découvrir les moulins, les polders et les aires officielles

Il y a des pays qui semblent avoir été dessinés pour les camping-cars. La Hollande – ou plus exactement les Pays-Bas – fait clairement partie de ceux-là. Routes calmes, pistes cyclables à n’en plus finir, moulins qui tournent au loin, villages coquets, aires officielles bien pensées… On a presque l’impression que les Néerlandais ont inventé le combo liberté + organisation. Et ça, pour nous autres nomades sur quatre roues, c’est un vrai terrain de jeu.

Pourquoi la Hollande est un paradis pour les camping-cars

Ce qui frappe dès les premiers kilomètres, c’est la manière dont tout semble prévu pour faciliter la vie des voyageurs itinérants. Les Néerlandais aiment le camping-car, et ça se voit.

Quelques points forts qui sautent aux yeux :

  • Un réseau dense d’aires officielles (les camperplaatsen) souvent proches des centres-villes ou des ports.
  • Des routes généralement en bon état, avec des limitations raisonnables et une signalisation limpide.
  • Une culture du vélo omniprésente, idéale pour laisser le camping-car posé et partir explorer léger.
  • Un relief… disons très coopératif : pas de lacets interminables ni de cols à 12 %.

Ajoutez à cela une météo parfois capricieuse, mais des paysages qui changent d’ambiance avec chaque nuage, et vous obtenez un décor parfait pour alterner visites, balades et soirées cosy dans la cellule, le vent qui siffle derrière les vitres.

Sur la route des moulins : itinéraires à ne pas manquer

Les moulins, c’est un peu l’image d’Épinal de la Hollande. Mais sur place, on réalise vite qu’ils ne sont pas que des cartes postales : ils racontent l’histoire du pays, des polders et de la lutte contre l’eau.

Quelques spots à ne pas rater avec votre camping-car :

Kinderdijk, la carte postale vivante

Imaginez une digue, un canal, une enfilade de moulins alignés comme à la parade, les ailes qui grincent quand le vent se lève. Bienvenue à Kinderdijk, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Pour les camping-caristes, c’est assez simple :

  • Parking dédié aux camping-cars à l’entrée du site (attention, généralement pas de nuit autorisée, mais idéal pour la visite de la journée).
  • Possibilité de venir tôt le matin ou en fin de journée pour éviter la foule et profiter de belles lumières.
  • Pistes cyclables tout autour : une petite boucle à vélo au milieu des moulins, c’est un excellent échauffement pour le reste du voyage.

Petit conseil de nomade : si le vent se lève franchement, sortez le coupe-vent et laissez l’appareil photo à portée de main. Les ciels hollandais peuvent changer de couleur en quelques minutes, et les moulins adorent poser dans ces ambiances dramatiques.

Zaanse Schans : moulins, fromages et maisons vertes

À deux pas d’Amsterdam, Zaanse Schans est un autre décor de carte postale : moulins traditionnels, maisons en bois peintes en vert, fromageries, sabots… Oui, c’est un peu touristique, mais on y trouve une belle immersion dans l’artisanat et l’histoire industrielle du pays.

Côté camping-car :

  • Plusieurs parkings payants à proximité, avec des places adaptées aux véhicules longs.
  • Des campings et aires officielles dans un rayon de quelques kilomètres, facilement trouvables via les applis spécialisées.
  • Un accès rapide à Amsterdam en train ou en bus si vous voulez prolonger le séjour urbain sans bouger le camping-car.

C’est le genre d’étape où l’on apprécie de laisser la cellule tranquille, de chausser les baskets, et de se remplir les narines d’odeurs de bois, de cacao (les anciennes usines de la région) et… de fromage, évidemment.

Au cœur des polders : rouler sous le niveau de la mer

On parle souvent des polders sans toujours réaliser ce que ça signifie concrètement : rouler plusieurs mètres sous le niveau de la mer, entouré de digues, de canaux, de vaches qui paissent sur des terres gagnées sur l’eau. En camping-car, cette sensation est assez unique.

Les régions à cibler :

  • Le polder du Beemster, lui aussi classé à l’UNESCO, avec ses routes rectilignes qui traversent les pâturages.
  • Les environs de Lelystad et Almere, terres entièrement construites sur la mer de l’ancien Zuiderzee.
  • Les campagnes au nord d’Amsterdam : villages, écluses, petites digues à perte de vue.

Ce ne sont pas forcément des endroits spectaculaires au sens « waouh, énorme falaise », mais la poésie du plat, de la lumière et de l’eau omniprésente fait beaucoup. C’est un pays construit à la règle, au cordeau, mais qui sait rester chaleureux.

En roulant, gardez l’œil sur :

  • Les petits ponts mobiles qui s’ouvrent pour laisser passer les bateaux.
  • Les troupeaux de moutons en liberté sur certaines digues (attention en conduite).
  • Les bancs et aires de pique-nique minimalistes où l’on peut s’arrêter pour un café avec vue sur… l’horizon.

Vivre la Hollande côté mer : digues, îles et vent dans les cheveux

Quitter l’intérieur des terres pour longer les côtes, c’est un autre visage de la Hollande qui s’ouvre, plus sauvage, plus iodé, parfois franchement battu par le vent.

Trois grandes zones à explorer :

L’Afsluitdijk : la digue mythique

Un ruban d’asphalte de 32 kilomètres, posé sur une digue qui sépare le lac d’IJssel de la mer des Wadden. L’Afsluitdijk est une expérience en soi.

  • Route parfaitement praticable en camping-car, même long.
  • Aires de stationnement pour admirer l’ouvrage et le paysage – mais vérifiez les travaux en cours, la digue est souvent en rénovation.
  • Sensation étrange de rouler entre deux immensités d’eau, avec presque rien d’autre à l’horizon.

C’est un de ces tronçons où l’on coupe la radio, on baisse un peu la vitesse, et on laisse la route faire son effet.

Les îles de la mer des Wadden

Texel, Vlieland, Terschelling, Ameland, Schiermonnikoog… Toutes ne sont pas accessibles avec un camping-car, mais Texel, par exemple, est très adaptée.

  • Traversée en ferry (réservation recommandée en haute saison, attention au gabarit et au poids).
  • Réseau d’aires et de campings bien fourni.
  • Nature préservée, dunes, plages immenses, pistes cyclables partout.

C’est une belle parenthèse si vous avez besoin d’un peu de « bout du monde » sans rouler des milliers de kilomètres.

La Zélande : entre digues et villages maritimes

Au sud-ouest du pays, la Zélande est un patchwork d’îles reliées par des digues et des ponts. Le genre de région qui fait vibrer le cœur des camping-caristes : routes panoramiques, petits ports, huîtres et moules en prime.

  • Deux ou trois jours minimum pour en profiter sans courir.
  • Nombreuses aires officielles proches des villages ou des marinas.
  • Possibilité de combiner baignade, balades sur les digues et visites de petits bourgs historiques.

Le vent y souffle souvent fort, mais c’est aussi ce qui donne ces lumières changeantes qui font le sel du voyage.

Bien utiliser les aires officielles néerlandaises

Les fameuses camperplaatsen, ce sont les aires de services ou de stationnement pour camping-cars, plus ou moins aménagées, parfois municipales, parfois privées. Elles sont un pilier du voyage en Hollande.

À savoir avant de partir :

  • Le bivouac sauvage est globalement très mal vu et souvent interdit. Mieux vaut jouer le jeu des aires officielles.
  • Les aires varient de simples parkings avec services de base à de petits bijoux avec vue sur un port ou un canal.
  • Les tarifs sont en général raisonnables (souvent entre 10 et 20 € la nuit, selon les services et la localisation).

Pour les trouver, les applis dédiées sont vos meilleures alliées : Campercontact, Park4Night, les sites néerlandais spécialisés… Les offices de tourisme locaux peuvent aussi vous renseigner.

Sur place, on retrouve en général :

  • Vidange eaux grises et cassette WC.
  • Point d’eau potable.
  • Parfois électricité (borne à jetons ou carte bancaire).
  • Poubelles bien gérées (les Néerlandais sont plutôt carrés sur le tri).

Respectez systématiquement les règles propres à chaque aire : durée de séjour, horaires, bruit, sorties de chaises et de cales, etc. Les Néerlandais sont tolérants, mais attachés à l’ordre et au respect des lieux communs. C’est aussi ce qui fait que l’on se sent bien chez eux.

Quelques idées d’étapes pour une première boucle

Pour vous donner une trame, voici un exemple de boucle « découverte » en camping-car, sur une bonne semaine à dix jours, sans courir :

  • Arrivée par le sud (Breda ou Maastricht) : première nuit dans une aire calme, prise de contact avec le pays.
  • Remontée vers la région de Rotterdam : visite de Kinderdijk et éventuelle escale urbaine.
  • Passage par La Haye et la côte (Scheveningen) pour une première bouffée d’air marin.
  • Route vers Amsterdam via Zaanse Schans : aire ou camping en périphérie, visite de la capitale en vélo ou transports en commun.
  • Cap au nord : région des polders, route vers l’Afsluitdijk, nuit dans une petite ville du nord (Harlingen, par exemple).
  • Bifurcation vers la Zélande pour terminer en douceur, entre digues, fruits de mer et petits ports, avant de prendre la route du retour.

Évidemment, ce n’est qu’une base. Libre à vous d’étoffer avec une île de la mer des Wadden, une escapade plus profonde dans l’arrière-pays, ou un crochet par les musées si la météo se met en mode pluie battante.

Matériel et petites astuces pour un road-trip hollandais réussi

Voyager en Hollande en camping-car ne nécessite pas un équipement extrême, mais quelques ajustements rendent la vie plus confortable.

Dans la soute ou les coffres, je vous conseille fortement :

  • Un bon antivol pour vélos : vous allez les utiliser tout le temps, autant les protéger.
  • Des vêtements coupe-vent et imperméables : le climat change vite, même en été.
  • Un adaptateur électrique européen standard (type C/E/F) : la plupart des bornes sont compatibles, mais mieux vaut être paré.
  • Un niveau à bulle ou une appli de mise à niveau : certaines aires sont un peu en pente, et les cales seront vos amies.
  • Une paire de jumelles : entre oiseaux migrateurs, bateaux et grands horizons, on trouve toujours quelque chose à observer.

Côté conduite et vie quotidienne :

  • Surveillez bien les limitations de vitesse : les radars sont nombreux et la tolérance limitée.
  • Respectez scrupuleusement les pistes cyclables et les priorités données aux vélos : ici, c’est quasiment une religion.
  • Prévoyez vos pleins d’eau et vos vidanges régulièrement : les points sont fréquents, mais autant en profiter quand ils se présentent.
  • N’hésitez pas à discuter avec les locaux : beaucoup parlent très bien anglais, et vous donneront souvent des bons plans d’aires, de restos ou de balades.

Enfin, un mot sur l’esprit du voyage : la Hollande n’est pas une destination de grands spectacles naturels façon canyons ou hautes montagnes. C’est un pays qui se savoure à vitesse réduite, par petites touches : un moulin qui se dessine dans la brume du matin, une digue qui file sous le ciel changeant, un port de pêche au coucher du soleil, un café partagé sur une aire au bord d’un canal.

Avec un camping-car, vous avez l’outil parfait pour vous glisser dans ces paysages et en changer au rythme de vos envies. Alors faites le plein, réglez votre GPS sur ces terres plates et étonnamment poétiques, et laissez-vous porter : entre moulins, polders et aires officielles bien pensées, la Hollande risque fort de devenir l’un de vos terrains de jeu préférés.