Batterie bluetti ac18 test complet, recharge solaire et utilisation en camping-car

Batterie bluetti ac18 test complet, recharge solaire et utilisation en camping-car

Je vais être honnête avec vous : la première fois que j’ai embarqué une station Bluetti AC180 à bord du camping-car, je me suis demandé si ce gros bloc bleu allait vraiment changer quelque chose à ma vie de nomade… ou juste prendre de la place dans la soute. Quelques semaines et plusieurs bivouacs plus tard, je peux vous dire une chose : cette “batterie externe XXL” a clairement gagné sa place à bord.

Dans cet article, je vous partage mon test complet de la Bluetti AC180, son comportement en recharge solaire et, surtout, ce qu’elle apporte vraiment en utilisation camping-car. Sans bla-bla marketing, mais avec des exemples concrets, du vécu, et quelques petites astuces glanées sur la route.

Présentation de la Bluetti AC180 : qu’est-ce que c’est exactement ?

La Bluetti AC180, ce n’est pas une simple batterie comme on en met dans la cellule, c’est une station d’énergie portable. En clair : une grosse batterie lithium avec ses propres prises 230 V, ses ports USB, un écran de contrôle et plusieurs options de recharge (secteur, allume-cigare, solaire…).

Pour vous donner une idée, on peut la voir comme :

  • un groupe électrogène silencieux (et sans essence),
  • une batterie auxiliaire mobile à trimballer où on veut,
  • un “plan B” énergétique quand la batterie cellule est à genoux.

Sur le papier, elle offre :

  • une capacité autour du kWh (de quoi faire tourner pas mal d’appareils),
  • un onduleur 230 V capable d’alimenter une cafetière, un petit micro-ondes, un sèche-cheveux raisonnable, un ordi, etc.,
  • une chimie LiFePO4, réputée pour sa longévité (beaucoup de cycles, donc un investissement qui dure),
  • plusieurs modes de recharge, dont un mode solaire très intéressant pour nous, camping-caristes.

Mais tout ça, c’est la théorie. Ce qui nous intéresse, c’est ce qu’elle donne dans un camping-car, en autonomie, quelque part entre un col de montagne et une plage sauvage.

Installation et intégration en camping-car : fixe ou nomade ?

Premier point important : la Bluetti AC180 ne remplace pas votre installation 12 V classique, elle vient en complément. On peut l’utiliser de trois façons principales à bord :

  • En batterie d’appoint indépendante : vous la posez dans la soute ou sous la table, vous branchez dessus vos appareils (230 V, USB). Elle ne touche pas à votre circuit 12 V d’origine.
  • En renfort de votre batterie cellule : vous l’utilisez pour les gros consommateurs (cafetière, bouilloire, PC, drone…) pour soulager la batterie du camping-car.
  • En mini “centrale” d’énergie : vous la rechargez en roulant ou au solaire, puis vous la mettez à contribution quand vous êtes à l’arrêt plusieurs jours sans bouger.

De mon côté, je l’ai utilisée majoritairement comme batterie d’appoint posée dans la soute, avec :

  • une rallonge 230 V qui remonte vers l’intérieur pour brancher l’ordinateur,
  • un petit bloc multiprise pour la cafetière et le chargeur d’appareil photo,
  • un chargeur USB multi-sorties directement sur les ports de la station.

Avantage immédiat : je peux tirer sur la station sans stresser la batterie cellule, surtout en hiver quand les panneaux sur le toit font la grève.

Test en conditions réelles : ce qu’elle alimente vraiment à bord

Passons au concret. Que peut-on réellement faire avec une Bluetti AC180 en camping-car ? Voici quelques scénarios que j’ai testés sur plusieurs jours de vadrouille.

1. Télétravail nomade et ordinateur portable

Un portable de 60–70 W branché plusieurs heures par jour, c’est un grand classique sur la route. Avec la Bluetti AC180, j’ai pu :

  • bosser 5 à 6 heures par jour sur l’ordi,
  • recharger le téléphone, la montre et le routeur 4G,
  • tout en gardant encore assez de réserve pour la soirée.

En gros, pour un usage “boulot”, un bivouac de deux jours sans toucher à la batterie cellule, c’est tout à fait jouable, surtout si le solaire donne un petit coup de pouce dans la journée.

2. Cafetière et petits appareils 230 V

Je sais, la question qui brûle les lèvres : “Est-ce que je peux faire un café digne de ce nom avec ?” Oui, mais pas avec n’importe quoi.

Avec une petite cafetière filtre ou à piston électrique, ça passe très bien : quelques minutes de chauffe, la station encaisse sans broncher et la jauge ne s’effondre pas d’un coup.

Pour les machines expresso gourmandes et les bouilloires turbo, il faut surveiller la puissance maximale de vos appareils. L’onduleur de la Bluetti AC180 tient bien la route, mais ce n’est pas un branchement direct au compteur EDF. Sur un modèle raisonnable, vous pourrez :

  • faire votre café du matin,
  • chauffer un peu d’eau,
  • utiliser un petit grille-pain (en restant modéré en durée).

3. Frigo, éclairage, vie à bord

Le frigo du camping-car (s’il est à absorption) reste en général sur le gaz, et c’est très bien comme ça. Là où la Bluetti est utile, c’est :

  • pour recharger tous les “petits vampires” : téléphones, tablettes, batteries d’appareil photo, drone, lampes frontales, etc.,
  • pour alimenter un éclairage d’appoint (guirlande LED, lampe de lecture),
  • pour un petit ventilateur en été lors des nuits tropicales sous la tôle.

Sur deux bivouacs d’affilée, j’ai tenu sans soucis sur la station seule pour tout ce petit monde, sans jamais taper dans la batterie cellule. Pratique quand on aime garder une “roue de secours” énergétique.

4. Utilisation d’outils et bricolage

Autre terrain de jeu : le bricolage. Perceuse, visseuse, mini-compresseur, fer à souder… Ce sont souvent des équipements 230 V ou à recharger. La Bluetti AC180 permet :

  • d’alimenter directement certains outils filaires (à condition qu’ils restent dans la limite de puissance),
  • de recharger sans stress des batteries d’outils sans-fil (type 18 V),
  • d’effectuer de petites réparations loin de toute prise de courant fixe.

Quand on voyage longtemps, on finit toujours par bricoler quelque chose. Autant avoir une source 230 V stable sous la main.

Recharge solaire : le vrai plus pour les bivouacs prolongés

Passons au nerf de la guerre en autonomie : la recharge. Recharger une station comme la Bluetti AC180 sur secteur, c’est bien. Mais en camping-car, on n’est pas branché tous les jours au camping ou à l’aire, loin de là. C’est là que le solaire devient intéressant.

Connexion avec panneaux solaires portables

La Bluetti AC180 accepte l’entrée solaire via un connecteur adapté (type MC4 avec adaptateur, suivant votre panneau). J’ai testé avec des panneaux solaires portables déployés à côté du camping-car. Avantages :

  • vous orientez le panneau plein sud, même si le camping-car est mal garé,
  • vous pouvez le déplacer au fil du soleil,
  • vous ne dépendez pas seulement du panneau fixe sur le toit.

En conditions correctes (bonne météo, pas l’hiver en Bretagne sous la pluie…), on peut récupérer une bonne partie de la capacité sur la journée en laissant les panneaux travailler pendant que l’on se balade.

Recharge combinée : rouler + solaire

Autre option intéressante : recharger en roulant via la prise 12 V ou un convertisseur adapté, puis compléter avec le solaire au bivouac. En pratique, cela permet :

  • de regagner une partie de ce qu’on a consommé la veille,
  • de ne presque jamais voir la jauge tomber au plus bas,
  • d’être à l’aise pour un enchaînement de bivouacs sans aire équipée.

À noter : la recharge sur prise allume-cigare est pratique mais pas la plus rapide. Ce n’est pas un défaut de la Bluetti en particulier, c’est simplement lié à la puissance limitée de ce type de prise. Pour une recharge plus musclée, soit on profite d’un branchement secteur, soit on mise sur un bon ensoleillement et des panneaux bien dimensionnés.

Avantages en camping-car : ce que ça change au quotidien

Après plusieurs semaines d’utilisation, voici ce que j’ai vraiment apprécié à bord :

  • Une réserve d’énergie indépendante : quand la batterie cellule est basse, la Bluetti prend le relais pour les besoins “de luxe” (café, PC, etc.), tout en gardant la cellule pour l’éclairage, la pompe à eau, le frigo.
  • Une grande flexibilité : je peux l’emmener dehors pour alimenter un petit atelier improvisé, ou la prêter au voisin en panne de batterie de téléphone.
  • Une gestion simple : écran clair, indicateur de pourcentage, infos de puissance en entrée et sortie. On voit en direct ce qu’on consomme et ce qu’on récupère.
  • Un silence royal : pas de bruit de moteur comme un groupe électrogène, pas d’odeur, pas d’essence à stocker.
  • Une compatibilité naturelle avec le solaire : poser les panneaux, brancher, et regarder la jauge remonter doucement pendant qu’on sirote un café au soleil.

Pour quelqu’un qui aime les bivouacs un peu à l’écart, c’est clairement un plus. On devient moins dépendant des aires équipées et plus confiant lorsqu’on s’enfonce dans les petites routes.

Les limites et points de vigilance

Tout n’est pas parfait pour autant, et c’est important de le dire.

  • Ce n’est pas une installation fixe 12 V : si vous rêvez de tout alimenter dans le camping-car en permanence (chauffage, frigo, pompe, etc.) via la Bluetti uniquement, ce n’est pas son rôle. Elle vient en complément, pas en remplacement.
  • Poids et encombrement : une station comme l’AC180, ça pèse son poids. Il faut lui trouver une place sécurisée, stable, bien ventilée, et penser au PTAC de votre véhicule.
  • Attention aux gros appareils très gourmands : certains appareils de forte puissance (grosse machine expresso, clim mobile, gros radiateur électrique) sont à proscrire ou à utiliser avec beaucoup de prudence. Vérifiez toujours la puissance de vos appareils avant de les brancher.
  • Un investissement à réfléchir : c’est plus cher qu’une simple batterie AGM dans la soute, même si la durée de vie du lithium vient rééquilibrer la donne sur le long terme.

Comme toujours en camping-car, tout est une question d’usage : inutile de s’équiper comme une station spatiale si vous faites trois week-ends par an en camping quatre étoiles branché au 220 V.

À qui s’adresse vraiment la Bluetti AC180 ?

À bord, j’ai vite vu quels profils de camping-caristes seraient les plus intéressés par ce genre de station.

  • Les amateurs de bivouacs sauvages : si vous passez plus de temps au fond d’une vallée qu’au camping municipal, une telle réserve d’énergie donne une vraie liberté.
  • Les télétravailleurs nomades : ordinateur, routeur 4G, écran supplémentaire… Tout ça consomme, et la Bluetti permet de travailler plusieurs heures sans stresser la batterie cellule.
  • Les photographes, vidéastes, pilotes de drone : les batteries à recharger en série trouvent enfin une maison dédiée.
  • Les camping-caristes prudents : avoir une deuxième source d’énergie indépendante, c’est aussi une sécurité en cas de panne ou de souci sur le circuit principal.
  • Les familles très connectées : plusieurs téléphones, tablettes, consoles… Ça fait beaucoup de câbles branchés. La station permet de tout centraliser, sans tirer sur la cellule.

Si, en revanche, vous faites surtout du camping branché, avec usage limité du 230 V en autonomie, l’intérêt sera plus limité. Vous paierez pour des capacités que vous n’exploiterez qu’à moitié.

Quelques conseils d’usage pour en tirer le meilleur en camping-car

Pour terminer sur du concret, voici quelques habitudes qui m’ont permis de vraiment optimiser la Bluetti à bord :

  • Réserver la station aux gros consommateurs et aux recharges : laissez la batterie cellule gérer l’éclairage, la pompe et tout ce qui est câblé d’origine, et gardez la Bluetti pour le reste.
  • Profiter des roulages pour recharger : dès que vous bougez, pensez à la brancher (si votre configuration le permet). Arriver au bivouac avec une réserve pleine, c’est toujours agréable.
  • Déployer les panneaux solaires dès que possible : même en ciel voilé, on récupère toujours un peu. Sur plusieurs jours, ça fait une vraie différence.
  • Surveiller la puissance de vos appareils : un coup d’œil aux étiquettes avant de brancher, et vous éviterez les mauvaises surprises.
  • Lui trouver une place fixe et ventilée : évitez de la laisser se balader dans la soute et assurez-vous qu’elle respire correctement pour fonctionner dans de bonnes conditions.

Au final, la Bluetti AC180 s’est imposée comme une sorte de “compagnon énergétique” de mes escapades. Elle ne remplace pas ma batterie cellule, elle la complète. Elle ne transforme pas le camping-car en appartement sur roues, mais elle offre suffisamment de confort pour profiter d’un café chaud au lever du soleil, travailler quelques heures face à la mer ou recharger tout le petit bazar électronique qui rythme nos vies de nomades modernes.

Et entre nous, quand on voit la jauge remonter doucement grâce au soleil pendant qu’on contemple les montagnes, on a l’impression, l’espace d’un instant, d’avoir réussi à apprivoiser un peu l’énergie elle-même. Pas mal, pour un simple bloc bleu posé dans un coin du camping-car.