Visiter les villages perchés de Provence en camping-car itinéraires et conseils pratiques
Pourquoi les villages perchés de Provence sont un paradis pour les camping-caristes
Il y a des routes qui vous restent dans la peau. En Provence, ce sont souvent celles qui zigzaguent entre oliviers, falaises et champs de lavande pour finir au pied d’un village accroché à sa colline, comme s’il surveillait la vallée depuis des siècles. Arriver là-haut en camping-car, couper le moteur et ouvrir la porte sur une vue à 180°… c’est exactement pour ça qu’on aime rouler.
Les villages perchés de Provence ont tout pour plaire aux camping-caristes :
- des panoramas à couper le souffle
- des ruelles médiévales où le temps semble s’être arrêté
- des marchés de producteurs pour remplir le frigo de bons produits locaux
- des routes parfois étroites, mais qui offrent un vrai sentiment d’aventure
Dans cet article, je vous propose un itinéraire en camping-car autour de quelques perles perchées de Provence, avec des conseils très concrets pour circuler, stationner, dormir et profiter du voyage sans stress. On sort la carte, on ajuste les rétros, et on grimpe ?
Quand partir et préparer son camping-car pour la Provence
On peut visiter la Provence toute l’année, mais toutes les saisons ne se valent pas pour explorer ses villages perchés en camping-car.
Les meilleures périodes :
- Avril à juin : printemps lumineux, températures douces, villages vivants sans être saturés.
- Septembre à octobre : après la grosse chaleur, la lumière est incroyable, les routes sont plus calmes.
À éviter si possible :
- Juillet-août : circulation dense, parkings saturés, chaleur parfois difficile à gérer en camping-car.
Avant de prendre la route, un petit check technique s’impose :
- Freins et boîte de vitesses : vous allez enchaîner montées et descentes, mieux vaut être serein.
- Refroidissement moteur : les longues côtes sous le soleil peuvent mettre le moteur à rude épreuve.
- Hauteur et largeur : notez bien les dimensions de votre véhicule, certaines routes sont limitées ou vraiment très étroites.
- Gestion de l’eau : réservoir propre plein, eaux usées vidangées, cassette WC vide avant d’attaquer la tournée des villages.
Et surtout, prévoyez une bonne vieille carte routière ou un GPS compatible poids-lourds ou camping-car. Les raccourcis improvisés dans les villages perchés, ça peut vite finir en demi-tour acrobatique au bord d’un ravin… vécu, testé, pas recommandé.
Itinéraire Luberon : Gordes, Roussillon, Bonnieux et Lacoste
On commence par un classique qui mérite complètement sa réputation : le Luberon. Un coin de Provence taillé pour le camping-car, avec des routes magnifiques et des villages perchés qui s’enchaînent comme un chapelet de pierres dorées.
Gordes : la carte postale provençale
En arrivant par la D15 ou la D2, la vue sur Gordes est souvent un moment « waouh ». Le village semble suspendu sur son rocher, les maisons de pierre serrées les unes contre les autres.
- Accès en camping-car : privilégiez l’arrivée par la D2 depuis Coustellet, plutôt que par des toutes petites routes secondaires.
- Stationnement : un grand parking en contrebas du village accepte généralement les camping-cars (payant en saison). Évitez de tenter de monter trop haut, les rues se rétrécissent vite.
- À faire : flâner dans les ruelles, visiter le château (vu panoramique), profiter des couchers de soleil depuis les belvédères.
Petit conseil : arrivez en fin d’après-midi. Les cars de touristes repartent, la lumière devient douce, et vous avez le village presque pour vous.
Roussillon : le village rouge
À quelques kilomètres, changement complet de décor. Roussillon est posé au milieu d’anciennes carrières d’ocre, et tout le village semble teinté de rouge et d’orangé.
- Accès : la D104 est accessible aux camping-cars, mais restez vigilants dans les virages.
- Stationnement : plusieurs parkings en entrée de village, certains autorisent les camping-cars (souvent payants en saison). Regardez bien les panneaux de hauteur.
- À faire : le sentier des ocres (prévoyez de bonnes chaussures, l’ocre tâche !), balade dans le village, pause café en terrasse avec vue sur les falaises colorées.
Bonnieux et Lacoste : la ronde des clochers
Entre Bonnieux et Lacoste, la route offre des panoramas superbes sur la vallée du Calavon et le Petit Luberon. Deux villages perchés, deux ambiances.
- Bonnieux : perché sur un éperon, jolies ruelles en escalier, église haute offrant une vue splendide. Stationnement possible en bas du village, puis montée à pied. Attention, certaines rues sont étroites, ne tentez pas de “couper” pour remonter plus haut en camping-car.
- Lacoste : dominé par le château du marquis de Sade (aujourd’hui propriété de Pierre Cardin), plus petit mais plein de charme. Quelques emplacements le long de la route, mais là aussi, on privilégie le stationnement en contrebas et la montée à pied.
Pour la nuit, de nombreuses aires de services et campings sont dispersés dans le Luberon (Coustellet, Apt, etc.). Je conseille souvent de dormir en fond de vallée et de monter aux villages perchés dans la journée : conduite plus sereine et nuits plus calmes.
Itinéraire Alpes-de-Haute-Provence : Moustiers-Sainte-Marie et ses environs
Changement d’ambiance, on prend un peu d’altitude. Direction les Alpes-de-Haute-Provence, avec un joyau agrippé à la roche : Moustiers-Sainte-Marie, porte d’entrée des gorges du Verdon.
Moustiers-Sainte-Marie : entre falaises et ciel
Le village est niché entre deux falaises, reliées par une étoile suspendue qui intrigue toujours les visiteurs.
- Accès en camping-car : privilégiez la D952. Les routes qui entourent le lac de Sainte-Croix sont globalement praticables pour les camping-cars, mais attention à la haute saison : beaucoup de circulation.
- Stationnement : un grand parking spécifique pour bus et camping-cars se trouve en périphérie. Marchez ensuite jusqu’au village (10-15 minutes).
- À faire : montée à la chapelle Notre-Dame de Beauvoir (ça grimpe, mais la vue récompense l’effort), découverte des ruelles et fontaines, artisanat de faïence.
Idée d’étape : le tour du lac de Sainte-Croix
En camping-car, longer le lac est un vrai plaisir : eau turquoise, criques, petites plages. Plusieurs parkings tolèrent la présence de camping-cars en journée (respectez les panneaux, certains interdisent la nuit).
- Prévoyez une pause baignade ou paddle si vous en avez à bord.
- Évitez de vous engager sur les toutes petites routes au bord du lac indiquées comme « accès plage » si vous avez un gros gabarit.
Pour la nuit, privilégiez les aires ou campings autour du lac ou un peu à l’écart. Le Verdon est très réglementé, le bivouac sauvage est de plus en plus mal vu et souvent interdit.
Itinéraire Vaucluse : le Ventoux et ses villages perchés
Impossible d’ignorer ce géant chauve qui domine la Provence : le mont Ventoux. Autour, toute une constellation de villages perchés méritent le détour en camping-car.
Séguret : l’un des plus beaux villages de France
Accroché à la colline, entouré de vignes, Séguret a un charme fou.
- Accès : routes relativement étroites mais praticables en restant prudent. Évitez les heures de pointe l’été.
- Stationnement : un parking en contrebas du village, accès ensuite à pied. Ne tentez pas de monter dans le village en camping-car.
- À faire : se promener dans les ruelles pavées, admirer les portes anciennes, goûter les vins des Côtes du Rhône chez les producteurs locaux.
Brantes, le balcon sur le Ventoux
Face au mont Ventoux, Brantes semble accroché à la montagne. La route pour y accéder est sinueuse, mais la récompense est là.
- Accès en camping-car : faisable, mais uniquement si vous êtes à l’aise avec les épingles et les routes de montagne. Gabarits très longs : prudence.
- Stationnement : petit parking à l’entrée du village, nombre de places limité. Mieux vaut arriver tôt.
- À faire : vue spectaculaire sur le Ventoux, ateliers d’artisans, ambiance de bout du monde.
Le mont Ventoux en camping-car : bonne ou mauvaise idée ?
On me pose souvent la question : « Peut-on monter le Ventoux en camping-car ? »
- Techniquement, oui : la route est asphaltée et accessible.
- Pratiquement, prudence : longues côtes, moteur sollicité, descentes qui chauffent les freins, beaucoup de cyclistes en saison.
Si vous tentez l’ascension :
- Montez tôt le matin, pour éviter chaleur et trafic.
- Roulez cool, utilisez le frein moteur au maximum dans les descentes.
- Ne vous garez pas n’importe où au sommet : respectez les zones autorisées et faites attention au vent, souvent violent.
Où dormir avec son camping-car : aires, campings et spots pratiques
Les villages perchés sont rarement conçus pour accueillir des véhicules de 7 mètres pour la nuit. Il faut donc souvent dormir un peu à l’écart, et c’est tant mieux : vous gagnez en calme et en sécurité.
Les aires de services
La Provence est bien équipée en aires municipales ou privées :
- Vidange eaux grises et cassette
- Remplissage d’eau propre
- Stationnement nuit à tarif raisonnable
Pour les repérer, utilisez vos applis habituelles (Park4Night, Campercontact, etc.), mais lisez bien les avis récents : les règles changent vite, surtout dans les zones très touristiques.
Les campings
Autour des grands sites (Luberon, Verdon, Ventoux), vous trouverez de nombreux campings :
- Parfaits pour faire une pause lessive, douche chaude à volonté, et recharge en eau/électricité.
- Souvent situés en fond de vallée, ce qui en fait de bons “camps de base” pour rayonner vers les villages perchés.
Bivouac et nuit hors structure
Sur ce point, la Provence se durcit clairement :
- Beaucoup de communes interdisent le stationnement nocturne des camping-cars hors aires.
- Le moindre comportement irrespectueux (tables dehors, chaises, cales en plein parking de village) crispe les locaux.
Si vous trouvez un spot toléré pour dormir :
- Restez discrets, pas de déballage de camping.
- Arrivez en fin de journée, repartez tôt.
- Ne laissez aucune trace, pas même une miette.
Gérer les routes étroites et les montées en toute sérénité
Les villages perchés de Provence, c’est le bonheur… à condition de garder la tête froide derrière le volant.
Anticiper plutôt que subir
- Repérez vos accès avant d’arriver au village (cartes, avis d’autres camping-caristes).
- Évitez les itinéraires “raccourcis” donnés parfois par certains GPS grand public.
- En cas de doute devant une rue étroite, descendez jeter un œil à pied avant de vous engager.
Adopter le bon rythme
- En montée : restez sur un rapport qui permet au moteur de ne pas peiner. Inutile de vouloir “arracher” la côte, on a le temps.
- En descente : frein moteur d’abord, pédale de frein ensuite. Faites des pauses si nécessaire pour laisser refroidir.
- Dans les virages serrés : prenez large, mais en gardant un œil dans les rétros. Les murets provençaux n’aiment pas les flancs de camping-car.
Composer avec les autres usagers
- Les cyclistes sont nombreux, surtout autour du Ventoux : doublez large et sans stress.
- Dans les petits villages, soyez patient avec les voitures locales, et plutôt souriant : un geste de la main fait parfois plus que tous les panneaux du monde.
Profiter pleinement des villages : marchés, produits locaux et balades
Visiter les villages perchés de Provence en camping-car, ce n’est pas seulement cocher des noms sur une carte. C’est aussi s’imprégner de l’ambiance, prendre le temps.
Les marchés provençaux
Chaque village ou presque a son jour de marché :
- Parfait pour remplir le frigo de produits locaux : fromages de chèvre, tapenades, huiles d’olive, fruits gorgés de soleil.
- Pensez à vérifier les jours de marché en avance : les parkings peuvent être réduits ou occupés ces jours-là. Arrivez tôt pour trouver une place en camping-car.
Balades à pied autour des villages
- Beaucoup de villages proposent des boucles de randonnée balisées, parfois de 1 à 3 heures.
- Laissez le camping-car sur un parking en bas, chaussez les chaussures, et partez explorer crêtes, champs de lavande ou forêts de chênes verts.
Une astuce pour mieux vivre vos visites
Alternez les “grosses” visites très touristiques (Gordes, Roussillon, Moustiers) avec des villages plus confidentiels. Vous y retrouverez la Provence plus intime, moins pressée, où l’on peut discuter avec les habitants à la terrasse d’un café sans se sentir dans un décor de cinéma.
En guise de dernier feu de camp
Les villages perchés de Provence ont ce pouvoir étrange : on y arrive un peu essoufflé, après quelques virages et manœuvres en camping-car, et on en repart le cœur léger, avec l’impression d’avoir voyagé plus loin que quelques dizaines de kilomètres.
Entre Luberon, Ventoux, Verdon et Vaucluse, les itinéraires ne manquent pas. L’essentiel, au fond, ce n’est pas de tous les faire, mais de se laisser le temps de vivre ceux que vous aurez choisis : un coucher de soleil sur la pierre dorée de Gordes, un café à l’ombre d’un platane à Bonnieux, une nuit étoilée au pied du Ventoux…
Alors, préparez votre camping-car, tracez quelques points sur la carte… et gardez surtout des blancs entre eux. C’est dans ces espaces-là que naissent les plus belles escapades.