Bouteille de gaz camping car : choix des formats, sécurité et autonomie en road trip

Bouteille de gaz camping car : choix des formats, sécurité et autonomie en road trip

On ne la voit pas, on n’y pense pas toujours, mais sans elle… plus de café chaud à l’aube, plus de douche tiède après la rando, plus de plats mijotés quand la pluie tambourine sur le toit. La bouteille de gaz, c’est un peu le cœur caché du camping-car. Et comme tout cœur, mieux vaut en prendre soin et bien la choisir.

Dans cet article, on va parler formats, sécurité et autonomie en road trip. Pas de théorie barbante, mais du concret, du vécu, et quelques astuces glanées au fil des kilomètres.

Pourquoi la bouteille de gaz est le cœur caché du camping-car

Avant de se perdre dans les kilos et les détendeurs, rappelons à quoi sert le gaz dans un camping-car. Selon votre installation, il peut alimenter :

  • Les feux de cuisson (indispensables pour les pâtes de 22h en aire d’autoroute).

  • Le chauffage (très utile quand la température tombe sous les 10 °C la nuit).

  • Le chauffe-eau (douche, vaisselle, parfois chauffage combiné).

  • Le réfrigérateur tri-mixte, lorsqu’il fonctionne sur gaz à l’arrêt.

Autrement dit, si vous voyagez en autonomie, loin des campings et des branchements 230 V, votre gaz, c’est votre confort. Voire votre survie par temps froid. D’où l’importance de bien dimensionner vos bouteilles, de savoir combien de temps elles tiennent… et de les utiliser en toute sécurité.

Les principaux formats de bouteilles de gaz pour camping-car

Le premier piège dans lequel on tombe souvent, c’est de raisonner uniquement en “kilos”. En réalité, pour un camping-cariste, comptent surtout :

  • Le poids total (bouteille pleine).

  • Les dimensions (hauteur, diamètre) pour rentrer dans le coffre à gaz.

  • Le type de raccord (filetage, robinet, détenteur).

  • La disponibilité sur votre zone de voyage (France, Europe, Maroc, etc.).

Petit tour d’horizon des formats les plus courants.

Les bouteilles acier classiques (13 kg et 10/11 kg)

Ce sont les “grosses” bouteilles qu’on a tous vues dans un garage ou sur un balcon. En camping-car, on rencontre surtout :

  • La 13 kg acier : très répandue en France, mais lourde (environ 26-28 kg pleine) et assez haute. Tous les coffres à gaz ne l’acceptent pas.

  • Les 10/11 kg acier (type bouteille allemande 11 kg) : format courant en Europe, mais attention à la compatibilité du coffre et des fixations.

L’avantage de ces bouteilles ? Elles ne sont pas chères à l’échange et se trouvent partout en France. L’inconvénient ? Le poids. Le jour où vous devez hisser une 13 kg pleine dans un coffre bas, vous comprenez vite le mot “lombaires”.

Je me souviens encore d’un matin d’hiver sur un parking de station de ski. 7 h, -8 °C, gants gelés, la première bouteille vide. J’ai juré de ne plus jamais sous-estimer le poids d’un bloc d’acier plein de propane…

Les bouteilles composites et aluminium

C’est le format chouchou de plus en plus de camping-caristes :

  • Bouteilles composites (en matériaux synthétiques, parfois avec “fenêtre” de niveau) :

    • Plus légères qu’une bouteille acier.

    • Ne rouillent pas.

    • Souvent plus compactes (10 kg typiquement).

  • Bouteilles aluminium (ex : certaines 11 kg alu) :

    • Très légères.

    • Robustes, mais plus chères à l’achat.

Le gros plus : quand il faut les manipuler régulièrement (road trip actif, changements fréquents), votre dos vous dit merci.

En revanche, elles ne sont pas encore disponibles partout, et le système de consigne/livraison peut varier selon les marques. Avant d’investir, vérifiez :

  • La compatibilité avec votre coffre (hauteur, diamètre, système de fixation).

  • La disponibilité dans votre région (et sur votre itinéraire habituel).

Les bouteilles “petit format” (Twiny & cie)

On trouve aussi des bouteilles plus compactes, autour de 5 à 6 kg (type Twiny). Elles sont très pratiques quand :

  • Votre coffre à gaz est petit.

  • Vous voyagez l’été, sans chauffage au gaz.

  • Vous ne faites qu’une utilisation légère (cuisine occasionnelle).

Mais il faut bien avoir en tête que 5 ou 6 kg, ça se vide vite. Pour un road trip d’un mois avec cuisson quotidienne et un peu de chauffe-eau, on arrive vite à la limite.

Les installations GPL avec réservoir fixe

Autre option très en vogue chez les gros rouleurs : le réservoir GPL fixe, ou les bouteilles “GPL rechargeables” installées à demeure dans le coffre, avec une prise de remplissage extérieure.

Les avantages :

  • On fait le plein à la pompe GPL, comme pour le carburant.

  • Plus besoin de jongler entre les marques et systèmes de consigne.

  • Idéal pour les long trips à l’étranger.

Les points de vigilance :

  • Installation à faire faire par un professionnel sérieux, avec soupapes de sécurité, prise extérieure, etc.

  • La législation varie selon les pays (certaines stations refusent parfois les camping-cars).

  • Le GPL est un mélange propane/butane, composition variable, surtout en hiver/été.

Si vous voyagez beaucoup en Europe, que vous chauffez au gaz une bonne partie de l’année et que vous ne voulez plus gérer l’échange de bouteilles, c’est une solution très confortable.

Propane ou butane : que choisir pour un road trip ?

Le choix entre propane et butane, c’est un peu comme la bataille des anciens et des modernes. En pratique :

  • Propane :

    • Fonctionne jusqu’à environ -40 °C.

    • Peut donc être stocké dehors, dans un coffre ventilé, en toute saison.

    • Idéal pour chauffage, montagne, usage hivernal.

  • Butane :

    • Ne gazéifie plus correctement en dessous d’environ 0 °C.

    • À réserver aux usages estivaux ou aux bouteilles stockées au chaud (ce qui n’est pas le cas dans la plupart des camping-cars).

En camping-car, dans 95 % des cas, le propane est le meilleur allié. Même si vous ne faites que du voyage “beau temps”, la météo a parfois son humour noir, surtout en mi-saison.

Lors d’un printemps en Auvergne, j’étais parti “léger”, certain qu’il ne ferait pas froid… Résultat : 3 nuits à 3 °C, et une bouteille de butane qui donnait l’impression de faire grève. Depuis, en camping-car, c’est propane toute l’année.

Autonomie : combien de temps tient une bouteille de gaz ?

La question qui revient toujours : “Je pars deux semaines, est-ce qu’une bouteille de 13 kg suffit ?” Réponse honnête : ça dépend de votre usage, de la météo et de votre équipement. Mais on peut donner des repères.

Ordres de grandeur de consommation

À la (très) louche :

  • Cuisine seule (2 personnes, cuisson quotidienne) : environ 100 à 200 g/jour.

  • Frigo tri-mixte sur gaz : autour de 250 à 400 g/jour selon la taille et la température extérieure.

  • Chauffage + chauffe-eau gaz (usage régulier) : ça peut monter à 500 g à plus d’1 kg/jour en hiver, voire plus si vous chauffez beaucoup.

En simplifiant, une bouteille de 13 kg peut donc durer :

  • En été, sans chauffage : 3 à 5 semaines pour un couple, cuisine + frigo.

  • En mi-saison : 2 à 3 semaines si vous chauffez un peu le matin/soir.

  • En hiver à la montagne : parfois moins d’une semaine si vous chauffez en continu.

Pour une 6 kg, il suffit de diviser ces durées par environ deux.

Astuce pour estimer votre propre consommation

Le plus fiable, c’est de vous faire votre “profil gaz” :

  • À votre prochain road trip, notez :

    • Date de mise en service d’une bouteille pleine.

    • Date à laquelle elle se vide.

    • Saison (été, hiver, mi-saison), usages (chauffage oui/non, frigo sur gaz oui/non).

  • Au bout de 2-3 voyages, vous aurez une idée assez précise de ce que “vaut” une bouteille de 13 kg ou 10 kg pour VOTRE style de vie.

Comment savoir où vous en êtes dans votre bouteille ?

Les camping-caristes rivalisent d’astuces. Parmi les plus efficaces :

  • La pesée : un pèse-personne, vous pesez la bouteille, vous soustrayez le poids à vide (inscrit sur la bouteille, le fameux “tare”). Très fiable.

  • La bande magnétique indicatrice : certains gadgets à coller sur la bouteille changent de couleur selon le niveau. Résultat variable, mais ça donne une idée.

  • L’eau chaude sur la paroi : en versant de l’eau chaude sur le côté de la bouteille, vous sentez parfois la limite entre partie froide (liquide) et plus tiède (gaz). Méthode empirique, mais gratuite.

Personnellement, je fonctionne beaucoup au “double stock” : toujours deux bouteilles, l’une en service, l’autre pleine. Dès que la première est vide, je passe sur la seconde… et je pense au prochain échange dès que possible.

Sécurité : les bons réflexes à adopter

Le gaz, c’est très sûr… si on le respecte. Quelques règles simples, mais non négociables.

Stockage et installation des bouteilles

  • Les bouteilles doivent être debout, jamais couchées.

  • Le coffre à gaz doit être ventilé vers l’extérieur (grille basse) car le gaz est plus lourd que l’air.

  • Les bouteilles doivent être arrimées (sangle, support) pour ne pas bouger en roulant.

  • Seules les bouteilles en service doivent être ouvertes. Les bouteilles de réserve restent fermées.

Flexible, détendeur et contrôles réguliers

  • Vérifiez la date de péremption de vos flexibles (souvent 5 ans pour les souples) et remplacez-les si besoin.

  • Un flexible craquelé, durci ou abîmé doit être changé sans attendre.

  • Le détendeur doit être adapté (généralement 30 mbar sur les installations récentes).

Un petit rituel utile : à chaque changement de bouteille, profitez-en pour :

  • Vérifier visuellement tuyaux et raccords.

  • Faire un test à l’eau savonneuse : vous badigeonnez le raccord, vous ouvrez le gaz, et si des bulles apparaissent, il y a une fuite.

En cas d’odeur suspecte de gaz

Les bons gestes :

  • Fermez immédiatement le robinet de la bouteille.

  • Ouvrez portes et fenêtres pour ventiler.

  • Ne touchez à aucun interrupteur, ne fumez pas, pas de flamme.

  • Ne rallumez rien tant que la cause n’est pas identifiée et corrigée.

Un détecteur de gaz (propane/butane) et un détecteur de monoxyde de carbone sont des petits investissements qui peuvent sauver des vies.

Gaz en roulant : on laisse ouvert ou pas ?

Grande question de parking d’aire…

  • En principe, pour la sécurité, il est recommandé de fermer le gaz en roulant.

  • Si vous avez un système certifié avec désélecteur de sécurité “crash sensor” (type DuoControl), certains usages “gaz en roulant” sont prévus (frigo, chauffage). Mais il faut que l’installation soit conforme et entretenue.

À noter : pour les ferries, trains (type Eurotunnel) et certains parkings couverts, des règles spécifiques s’appliquent souvent (bouteilles fermées, parfois plombées). Renseignez-vous avant le départ.

Changer, recharger, s’approvisionner en France et à l’étranger

En France, le plus classique, c’est le système de consigne : on achète une première bouteille (on paie la consignation + le gaz), puis on l’échange contre une pleine en ne payant que le remplissage.

Les pièges des marques et compatibilités

Chaque marque a son propre réseau. Deux points à garder en tête :

  • Une bouteille d’une marque ne peut être échangée que chez un revendeur de la même marque.

  • Les formats ne sont pas tous identiques (13 kg, 10 kg, petites bouteilles), et les robinets/raccords peuvent varier.

Avant d’équiper votre camping-car :

  • Regardez quelle(s) marque(s) sont facilement disponibles dans votre région.

  • Choisissez un format compatible avec votre coffre à gaz et votre détendeur.

Voyager à l’étranger avec du gaz

En Europe, chaque pays a ses habitudes de bouteilles, ses marques, ses raccords. Trois approches possibles :

  • Partir avec deux bouteilles françaises et prévoir large : idéal pour des séjours courts ou si vous ne chauffez pas beaucoup.

  • Faire installer une ou deux bouteilles GPL rechargeables avec prise extérieure : très pratique, vous faites le plein partout où le GPL est distribué.

  • Prendre des adaptateurs européens pour vos raccords

Pour un grand tour d’Europe de plusieurs mois en hiver, le GPL rechargeable a un réel sens. Pour un mois d’Andalousie au printemps, deux bouteilles de 13 kg bien gérées peuvent suffire sans stress.

Quelques configurations type selon votre style de voyage

Pour vous aider à y voir plus clair, voici quelques cas concrets que je rencontre souvent sur la route.

Couple en camping-car, voyages principalement l’été

  • Usage : cuisson quotidienne, un peu de chauffe-eau, frigo parfois sur gaz, pas de montagne en hiver.

  • Configuration recommandée :

    • 1 ou 2 bouteilles de 10/13 kg propane, selon la place dans le coffre.

    • Format acier ou composite selon votre budget et vos lombaires.

  • Autonomie typique : une 13 kg peut tenir 3 à 5 semaines.

Famille avec enfants, usage toute l’année

  • Usage : cuisine intensive, chauffage fréquent hors été, douche chaude pour tout le monde.

  • Configuration recommandée :

    • 2 bouteilles de 13 kg propane ou 2 x 10/11 kg.

    • Si vous bougez beaucoup, envisager le GPL rechargeable.

  • Autonomie typique : en hiver, 1 bouteille peut se vider en une semaine si le chauffage tourne bien.

Van aménagé, road trip léger et minimaliste

  • Usage : petite cuisine, peu ou pas de chauffage gaz (chauffage gasoil très courant), frigo à compression (électrique).

  • Configuration recommandée :

    • 1 petite bouteille type 5/6 kg (propane si possible).

    • Ou un petit réservoir GPL dédié cuisson/eau chaude.

  • Autonomie typique : plusieurs semaines si la bouteille ne sert qu’à la cuisine.

Amateur de montagne et de bivouacs hivernaux

  • Usage : chauffage gaz fréquent, parfois jour et nuit, + chauffe-eau + cuisine.

  • Configuration recommandée :

    • 2 bouteilles de 11/13 kg propane minimum.

    • Installation de type DuoControl + crash sensor si vous voulez éventuellement rouler gaz ouvert (selon réglementation et installation).

    • Éventuellement GPL rechargeable si vous skiez tout l’hiver.

  • Autonomie typique : une 11/13 kg peut tenir de 4 à 7 jours en usage intensif chauffage.

Derniers conseils avant de prendre la route

Avant de transformer votre coffre à gaz en Tetris géant, quelques vérifications simples :

  • Mesurez la hauteur et la largeur du coffre à gaz, en tenant compte des sangles et du couvercle.

  • Vérifiez le type de détendeur et la pression (30 mbar dans la majorité des camping-cars récents).

  • Faites un petit bilan de vos usages : beaucoup de chauffage ou pas ? Frigo sur gaz ou électrique ? Cuisine simple ou grande gastronomie ?

  • Pensez à documenter votre installation (photos, référence du détendeur, longueur du flexible) : très utile en cas de souci sur la route ou de passage chez un pro.

Sur la route, le gaz doit rester un allié discret : on l’oublie quand tout va bien, il fait son travail, il chauffe le café du matin et l’eau de la douche, il crépite sous la poêle du dîner. Avec les bons choix de formats, quelques réflexes de sécurité et une connaissance de votre autonomie, vous pourrez vous concentrer sur l’essentiel : la prochaine route à prendre, le prochain spot pour la nuit, et la joie de vous sentir chez vous, où que vous soyez, dans votre maison à roulettes.